Contre-offensive en Chine après la démission de Spielberg

Contre-offensive en Chine après la démission de Spielberg

Le réalisateur américain a annoncé mardi qu’il renonçait à ses fonctions de conseiller artistique pour les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux. La Chine, a-t-il déploré, n’en fait pas assez pour mettre fin aux effusions de sang au Darfour, région du Soudan avec lequel Pékin entretient des relations privilégiées via notamment ses investissements pétroliers. Neuf lauréats du prix Nobel de la Paix ont par ailleurs écrit au président chinois Hu Jintao pour l’exhorter à modifier sa politique soudanaise. Pour l’heure, le ministère chinois des Affaires étrangères et le Comité d’organisation des Jeux de Pékin n’ont pas publiquement réagi. Mais le Global Times, un titre tabloïd édité par le Quotidien du Peuple, l’organe du Parti communiste, dénonce jeudi « l’exploitation occidentale des Jeux olympiques à des fins de pression sur la Chine (qui) a immédiatement provoqué le dégoût parmi les Chinois ordinaires». «La vaste majorité du peuple chinois a fait part de sa confusion et de son outrage face à ces pressions occidentales. A leur avis, il est absolument absurde d’imputer à la Chine la question du Darfour, situé à des milliers de kilomètres», poursuit-il. Même les Chinois qui ont dû quitter leurs foyers en raison des travaux de construction liés aux Jeux sont opposés aux pressions des Occidentaux, ajoute le Global Times. L’ambassade de Chine à Washington, sans citer expressément la décision de Spielberg, a appelé les «parties concernées» à admettre «le rôle positif joué par la Chine dans la question du Darfour» et à s’abstenir de politiser les Jeux. «Etant donné que la question du Darfour n’est pas une question interne à la Chine, qu’elle n’a pas plus été déclenchée par la Chine, il est totalement déraisonnable, irresponsable et injuste que certaines organisations ou certains individus les relient», poursuit l’ambassade dans un communiqué. Le Soudan, dont les exportations de brut vers la Chine ont plus que doublé l’an passé, est le sixième fournisseur de pétrole de Pékin, son troisième partenaire commercial en Afrique après l’Afrique du Sud et l’Angola. D’après des statistiques officielles, la Chine absorbe 40% de la production pétrolière soudanaise. Le lien entre le conflit du Darfour et les Jeux de Pékin a été largement établi par des collectifs américains qui entendent faire pression sur la Chine, membre permanent du Conseil de sécurité de l’Onu.

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