Coup de sifflet au féminin

Avant d’opter pour le football, Khadija s’est essayée à l’athlétisme et au karaté, où elle s’est distinguée en obtenant une ceinture noire. Sous 1m55 et une cinquantaine de kilos se cache une ardente détermination. Telle une boule de feu, elle se lance dans un domaine qui, jusqu’à tout récemment, était strictement réservé aux hommes. Dès ses débuts en tant que footballeuse, elle a fait fi des réticences de son entourage. Les grands défis semblent la motiver davantage, comme elle l’avoue, toute souriante.
Avant-centre, milieu de terrain, ailier, Khadija Rezzag a joué à tous ces postes, depuis 1989, début de son histoire avec le football. Une histoire d’amour, une grande passion liant ce petit bout de femme de 33 ans à ce sport roi. Cette femme arbitre a gravi tous les échelons. Débutant sa carrière au Safaâ Hay Nahda, une équipe de quartier à Rabat, elle a, par la suite, rejoint l’Union Sportive de Touarga. Sa qualité de jeu, sa discipline et sa détermination lui valent une sélection en équipe nationale. Son premier match en tant qu’internationale sera face à la Suède en 1997.
Rencontre remportée par les Lionnes (4-1). L’année 1997 a vu l’étoile de Khadija Rezzag briller de mille feux. A peine deux mois après sa formation, la sélection nationale féminine s’envole vers le Caire pour participer au championnat arabe junior. Le pic de la carrière footbalistique de Khadija sera sa participation avec les Lionnes aux phases finales de la Coupe d’Afrique des Nations 1998 au Nigeria, où elles ont pu obtenir la cinquième place. Khadija avait scoré à deux reprises lors de cette compétition.
Parallèlement à sa carrière de joueuse, Khadija officiait déjà au sein de sa ligue d’origine, la ligue du Gharb. Elle a débuté en tant qu’arbitre de ligue durant la saison 1994-1995. Et depuis, l’attrait de l’habit noir s’est fait de plus en plus insistant. Amenée à faire un choix, elle n’hésitera pas une seule seconde. Elle a décidé d’être la première femme arbitre marocaine.
Son rêve d’enfance se réalise enfin en 1998, date à laquelle elle réussit à l’examen de la Fédération Royale Marocaine de Football. Depuis cette date, supporters, joueurs, dirigeants et… arbitres se sont habitués à la vue de cette silhouette frêle sur les terrains de football. Les débuts ont-ils été difficiles ? elle répond par l’affirmative. Comme chaque début, ajoute-t-elle. Mais, en général, les joueurs se comportent correctement avec elle et elle n’a pas de difficultés particulières à diriger une rencontre. Elle tient cependant à insister sur le rôle joué par plusieurs dirigeants du football national, qui l’ont propulsée aux-devant de la scène. Il s’agit du président de la ligue du Gharb de football, Mohammed Guertili, du président de la commission d’arbitrage au sein de cette même ligue, Idriss Alami, sans oublier les membres de la Commission Centrale d’Arbitrage, de la FRMF.
La saison 2001-2002 marquera l’esprit de Khadija Rezzag. Elle lui ouvrira les portes du Groupement National. Son premier match en GNF II a mis aux prises le Difaâ Hassani Jadidi (DHJ) au Wydad de Fès (WAF). Depuis, et formant un trio fixe d’arbitres avec Ahmed Bentaleb et Zaïd Toubi, elle est présente à quasiment toutes les journées du championnat. La saison dernière, elle a même pris part à un match du GNF I en tant que quatrième arbitre.
En éternelle insatisfaite, ses multiples réalisations personnelles et professionnelles ne semblent pas lui faire oublier son grand rêve. Arbitrer en phases finales de la Coupe du monde. Après feu Belqola qui a été le premier arbitre arabe et africain à officier une finale du Mondial, Khadija Rezzag serait-elle un jour la première arbitre femme à le faire ?

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