Coup de tête ou coup de maître ?

Coup de tête ou coup de maître ?

Zinedine Zidane aura finalement réussi sa sortie. Par la grande porte si l’on s’en tient aux multiples réactions que son esclandre a suscitées. Le coup de tête qu’il a donné à Marco Materazzi en finale de la Coupe du monde aura été un grand coup médiatique. A preuve, les indignations qu’il a suscitées se sont vite transformées en marques de sympathie à l’endroit de ce joueur hors pair dont la présence en équipe nationale conforte cette France blanc-black-beur  que le Front national ne peut qu’abhorrer. Vingt-quatre heures après l’avoir traité de fou, de vilain, voire de criminel, les médias ont commencé à lui trouver des circonstances atténuantes. Le véritable coupable, ce ne serait pas lui. Ou du moins pas seulement lui. Que lui a dit le défenseur italien pour le faire sortir de ses gonds ?
«Personne n’a envie de demander à Zidane ce que Materazzi lui a dit. C’est à lui de décider s’il souhaite le dire, au moment où il voudra le dire. Parce que, après, c’est parole contre parole et c’est compliqué», a confié le ministre français des Sports, Jean-François Lamour. Pour sa part, l’agent de Zinedine Zidane, Alain Migliaccio a déclaré à la BBC que le joueur, désormais retraité, s’expliquerait «dans quelques jours» sur les raisons de son geste. Ce qui ne veut pas dire qu’il dévoilera ce qui lui a été dit.
Peu importe qu’il le fasse ou qu’il se taise à jamais. Les Français lui ont, en effet, déjà tout pardonné. 61% d’entre eux lui ont donné l’absolution au cours d’un sondage CSA publié hier dans «Le Parisien/Aujourd’hui en France». 52% des personnes interrogées ont également dit comprendre sa réaction et 78% estiment justifiée la décision de le désigner meilleur joueur de la Coupe du monde.
Le président Chirac n’en pense par moins.
Recevant les «Bleus», lundi, il lui a rendu un hommage particulier. Selon lui, «Zizou est un virtuose, un génie du football mondial, un homme de cœur, d’engagement, de conviction que la France «admire» et «aime». Voyant en lui un « digne fils de la communauté musulmane et de la nation française toute entière», le recteur de la Mosquée de Paris estime, pour sa part, que «sa longue et brillante carrière restera, pour tous, un exemple ineffaçable d’intégration et de réussite, particulièrement pour la jeunesse française dans toute sa diversité». Idem pour Laurent Fabius. Une précision néanmoins : «On croyait que Zidane était un dieu et c’est simplement un héros», a-t-il noté. Donc un homme faillible. Ce qui explique son coup de sang et son expulsion. Prise en conformité avec les règlements de la FIFA, la décision de l’arbitre devrait en induire d’autres. S’il se révèle que les injures proférées par Materazzi sont humiliantes ou à caractère raciste, la Fédération internationale pourrait en faire un cas d’école. Ayant renforcé son arsenal en matière de répression de ces «déviances», rien ne lui interdit de l’appliquer.

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