Crise provoquée et préfabriquée

L’entraîneur du Raja de Casablanca, Fethi Jamal, a présenté sa démission, au terme d’une réunion qu’il a eue avec le comité la semaine dernière. Il faut dire que cette décision était prévisible depuis quelques jours tant la pression était intense et sur l’entraîneur et sur le comité. Les supporters du club suivis par les adhérents ont enclenché une véritable chasse à l’homme pour dénoncer les derniers résultats du Raja. Il est vrai que la prestation de l’équipe casablancaise, en ce début du championnat, ne concorde pas avec les six titres de champion du Maroc acquis d’affilée. Mais il ne faut, pour autant, en faire un drame quand on sait que le Raja est classé sixième avec quatre victoires, deux nuls et trois défaites. Il n’y a pas de feu à la maison. Encore faut-il préciser que rien ne justifie l’insulte et l’agression verbale dont sont victimes les membres du comité et l’entraîneur. Certains pseudos supporters, téléguidés ou voyous de souche, ont fait de dimanche leur jour de prédilection pour s’en prendre à coeur joie aux dirigeants. Alerte ! C’est comme si l’on veut réveiller les vieux démons de la zizanie et de conflits qui ont émaillé la vie du Raja pendant trente ans. Feu Abdelkader Lokhmiri ne disait-il pas de cette époque que le Raja ressemble à un Parlement où l’opposition et la majorité entretenaient des relations guerrières. Le résultat sur le terrain suivait puisque atomisée par les conflits, l’équipe n’a remporté son premier titre qu’en 1989. l’ex-président Abdekader Retnani, éditeur et intellectuel de son état, avait réussi à adoucir les moeurs d’une équipe qui n’arrivait pas à vivre dans les eaux claires. Mais le comité qui a réussi à transformer radicalement le Raja reste le bureau actuel dirigé par Ahmed Ammor, Secrétaire général de la RAM. Un véritable gestionnaire qui avec son staff dirigeant a su assainir et équilibrer les finances du club tout en réalisant des performances jamais réalisées par le club. D’ailleurs la suprématie du Raja durant les six dernières années est une première dans les annales du football national. Jamais une équipe n’a réussi à remporter le championnat national pendant six saisons successives. Rares, mêmes, sont les grands clubs européens et américains qui ont battu ce record de supériorité indiscutable. Ce sont des chiffres qui parlent au nom d’un comité qui n’a pas besoin d’être défendu. Encore faut-il rappeler qu’on est à peine arrivé au premier tiers du championnat et que les dès ne sont pas encore pipés. Loin de là, puisque seulement sept points sépare le Raja du leader et qu’il suffit que les verts et blancs gagnent deux matchs au détriment de l’équipe de tête pour que la donne change d’un extrême à une autre. Ce qui est vraiment désolant dans cette crise préfabriquée, c’est que ses meneurs ont oublié que l’équipe aurait pu être mieux logée si elle n’avait pas été victime de quelques erreurs d’arbitrage. Ce qui n’excuse nullement le comité pour sa politique de transfert des joueurs à l’étranger qui influe, pour beaucoup, dans ces mauvaises performances. Le transfert des joueurs renfloue certes les caisses de l’équipe, mais il a son revers de médaille. Mais gageons que le Raja avec sa riche pépinière, saura renforcer une équipe qui n’a pas encore dit son dernier mot. Quant aux supporters et aux adhérents, tous fanatiques du club, ils devront tempérer leur ardeur pour que le corps et l’esprit du Raja restent sains. Les plus grands clubs du monde connaissent des passages à vide, ce qui ne les empêche pas de remonter à la surface.

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