De quoi vivent nos entraîneurs ?

Les conditions financières des entraîneurs évoluant en championnat national est à l’image du football marocain : non-organisés. Le montant du contrat établi entre l’entraîneur et son club est jalousement gardé. Un secret de club. Au Maroc, il n’existe pas de grilles de salaire proprement dites. La somme est négociée directement entre l’intéressé et le président du club dans la quasi-totalité des cas. Le contrat, établi entre les deux parties, fait état en général de plusieurs rémunérations. La première, celle qu’on discute le plus, est la prime d’engagement. Elle s’élève en règle générale à dix fois le salaire mensuel. Ce dernier dépend des diplômes de l’entraîneur, de son expérience et de ses précédents salaires. Autre critère de taille, sa nationalité. Au Maroc, le salaire mensuel d’un entraîneur de première division varie entre 20.000 DH et 30.000 DH en moyenne pour les nationaux, et au-delà de 100.000 DH pour les étrangers (voir tableau ci-bas). Le Belge Walter Meewus, l’ancien entraîneur du Raja de Casablanca percevait quelque 150.000 DH. Son successeur Henri Michel touchera pratiquement la même somme. Le Français reste quand même loin du salaire qu’il percevait alors qu’il était à la tête de la direction technique nationale, 250.000 DH en plus d’autres avantages. Voiture, véhicule, billets d’avion… entrent également en ligne de cash lors de l’établissement du contrat. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Certains entraîneurs de première division du Groupement national de football n’ont pas de salaire fixe mensuel. Ils se contentent des primes de matches, qui comptent double pour l apparaître d’entre eux. A ceci s’ajoute les primes de titres (championnats, coupe du Trône, titres africains…), qui ne concernent que quelques clubs, le Raja et le Wydad notamment.
En l’absence d’une loi régissant le secteur, les entraîneurs se sentent lésés dans tous leurs droits fondamentaux. « Un texte réglementaire devient de plus en plus nécessaire pour fixer les catégories d’entraîneurs et obliger les clubs à respecter une grille de salaire», estime Hammadi H’middouch, président de l’Union nationale des entraîneurs de football. «Un entraîneur doit être
A ce niveau, les cadres techniques nationaux crient à la discrimination. «C’est une question de mentalité chez nos dirigeants. Pour eux, tout entraîneur étranger est plus compétent qu’un national», explique Abdellatif Kilech, entraîneur de la renaissance de Settat. Pour son homologue de la Jeunesse d’Al Massira, Saïd Kaïdar, «il n’y a même pas lieu de faire une comparaison entre les conditions financières des cadres techniques étrangers et Marocains». «Ce n’est ni plus ni moins qu’une sorte de mépris (‘’hogra ») envers les nationaux », renchérit ce dernier.
Cette situation pourrait également s’expliquer par le montant des rémunérations que les entraîneurs étrangers percevaient avant de venir au Maroc, alors qu’ils entraînaient des équipes européennes. La différence entre les deux n’est autre que celle séparant un football professionnel d’un autre acculé à un amateurisme des plus honteux.

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