Des mondiaux de toute beauté

Des mondiaux de toute beauté

Nul n’est en mesure de le contester, l’édition des Mondiaux-2003 de natation, qui s’est clôturée hier à Barcelone, est celle des records par excellence. Depuis les premières brasses, les performances étaient revues à la hausse, les records à la baisse par conséquent. Chaque jour que Dieu faisait lors de ces Mondiaux rapportait son lot de records-victimes, tombant ainsi telles des mouches. L’avant-dernière journée n’a pas contredit cette évidence. Bien au contraire, elle l’a confortée. En effet, à J-1, l’émergence d’une nouvelle génération talentueuse a bel et bien été confirmée. La finale du 100 mètres papillon messieurs devait être le sommet du jour pour ces Mondiaux de Barcelone. La veille, Phelps avait amélioré le record du monde (51 »47). Un record qui venait, à peine, d’être réalisé dix minutes plutôt par l’Ukrainien Serdinov (51 »76). La finale allait donc opposer ces deux phénomènes aquatiques. Ian Crocker, un autre Américain, était également de la partie, ainsi que le Français Esposito, qui voulait se racheter de son échec sur le 200 mètres papillon. Dès le départ, les quatre hommes donnèrent le temps, Crocker menant la course, pour un temps, estimant que les deux monstres présents n’allaient pas tarder à se manifester. À l’amorce de la deuxième longueur, Esposito devait craquer (7e en 52 »68), contrairement aux Yankees qui demeuraient en avance sur le record du monde. Record qui sera soufflé par Ian Crocker (50 »98), sous le nez de son nouveau détenteur, Michael Phelps, qui l’a également amélioré, mais pas assez (51 »10). Serdinov se contentait de la troisième place avec un temps qui aurait été record (51 »59) s’il l’avait réalisé 24 heures plus tôt. Cette course avait tenu toutes ses promesses et voyait bien la victoire d’un Américain, mais pas celui que l’on attendait. Après Fukuoka, les supporters de la bannière étoilée se désespéraient, aujourd’hui, ils ont l’embarras du choix parmi tous ces nouveaux champions. Mais des anciens ont su résister à cette avalanche de jouvence. Popov en est le plus bel exemple. En effet, en dominant Phelps en finale du 100m papillon, record du monde à la clé, Ian Crocker ne saurait faire oublier Popov, encore vainqueur sur 50m nage libre. En ajoutant une nouvelle médaille d’or à sa belle collection (21 »92), le tsar Alexander Popov a démontré que l’âge de 31 ans n’avait apparemment pas d’emprise sur lui. Après avoir échoué sur 100 mètres face à l’ogre russe, Van Den Hoogenband ne pouvait prendre sa revanche et se contentait d’une troisième place (22 »29) derrière Mark Foster (22 »20). Par ailleurs, les Américains peuvent se réjouir de s’être débarrassés de la concurrence de l’Australie au relais 4×100 m, disqualifiée après que le brasseur Jim Piper s’est élancé avant que son coéquipier ne touche le mur. En revanche, la Russie, qui a également préservé ses titulaires, devait être l’adversaire principal des Etats-Unis. Les Russes avaient déjà créé une demi-surprise en remportant le 4×100 m nage libre.

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