Djorkaeff ou le retour du buteur

Avec ses 29 buts, Djorkaeff reste le meilleur buteur en activité de la sélection française. Un fait devant lequel sa non-convocation parmi les Bleus reste mystérieuse.
L’attaquant est resté sur les marges depuis le match amical qui avait opposé la France à l’Algérie le 6 octobre dernier, soldé par 4 buts à 1. sa flambée ce week-end avec Bolton a dû être pour beaucoup dans son retour.
« Je m’attendais à revenir, sinon pour ce match, du moins pour le prochain », a déclaré Djorkaeff, appelé de dernière minute suite à l’abandon de Robert Pires, indisponible depuis lundi. «Je n’ai jamais douté de mon retour en équipe de France. Mais je ne voulais pas y faire de la figuration, il fallait être compétitif. Et c’est le cas aujourd’hui.», confie-t-il.
Son doublé contre Charlton (2-1), samedi en championnat, constitue sa première entrée dans le cercle des buteurs en Angleterre. Des buts qui ont permis à son club de sortir de la zone de relégation. «J’ai disputé mon cinquième match avec Bolton, explique-t-il. J’ai l’impression de retrouver les bases, le plaisir de jouer. Je trouve les semaines longues pour arriver d’un samedi à l’autre ! À mon âge, avec tout ce que j’ai gagné, et dans un club qui n’est ni l’Inter, ni le PSG, ni Monaco, ça veut dire que je suis resté un joueur ». « En ce moment, je me retrouve dans les phases que je préfère, se réjouit-il. Je joue des matches à la mort avec mon club. C’est ce qu’il me fallait. »
Djorkaeff, en pleine résurrection en Angleterre et ayant retrouvé le goût de la compétition, tranche donc avec sa douloureuse expérience à Kaiserslautern, où un conflit larvé de plusieurs mois avec l’entraîneur Andreas Brehme l’avait poussé sur la touche. À 34 ans, il avait toutes les raisons de craquer et de mettre les voiles. Mais c’était compter sans élément déterminant et qui lui a permis de résister. « L’équipe de France, répond-il sans hésiter. La perspective de la Coupe du monde fournit une motivation suffisante pour faire des efforts tous les matins ». Maintenant que ce retour en bleu est devenu réalité, c’est sans regrets et non sans une certaine distance qu’il assume la perte de sa place de titulaire qui était la sienne pendant l’ère Aimé Jacquet : «Je ne me pose pas la question. Pour moi, la façon, dont je suis considéré n’a pas changé depuis la période Jacquet. Pendant l’Euro 2000, je n’ai pas l’impression d’avoir été simple remplaçant, mais d’avoir été décisif».
À deux mois de la Coupe du monde, Djorkaeff, qui arrêtera sa carrière internationale après cette échéance, semble de mieux en mieux placé pour être du voyage en Corée du Sud et au Japon. Un rebond de plus pour celui qui n’a de cesse de jouer les phénix : «On dit que j’arrive toujours à rebondir. Je ne sais pas comment l’expliquer. Il y a sans doute quelque chose qui me pousse avant les moments importants ».

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