Donner chance aux bons joueurs

ALM : Comment va votre genou ?
Noureddine Naybet : Bien. Un repos de trois semaines est néanmoins obligatoire. Les médecins que j’ai consultés ici au Maroc sont du même avis que ceux que j’ai vus en Espagne. Ils redoutaient une déchirure au ligament, mais grâce à Dieu, il n’en est rien.
Vous projetez de rester avec le Depor pour combien de temps ?
Mon contrat avec ce club s’étend jusqu’à 2005. J’ai encore le temps de concrétiser tous mes autres rêves de joueur professionnel et de travailler dur pour remporter les titres qui manquent à mon palmarès.
Qu’en est-il du différend que vous avez avec l’entraîneur du Deportivo ?
J’entretiens d’excellentes relations avec l’entraîneur du Depor. Les informations qui ont circulé dernièrement sur de prétendus malentendus entre nous sont complètement fausses. Il ne faut pas oublier que nous évoluons au sein d’un championnat professionnel où chacun des acteurs a des obligations mais aussi des droits qu’il fait prévaloir. Il est vrai que le caractère assez difficile de l’entraîneur a engendré des mécontentements de la part de quelques joueurs, mais ce n’est pas du tout mon cas.
Avez-vous suivi la finale aller de la Coupe africaine des vainqueurs de coupes disputée par le Wydad samedi dernier ?
Je n’ai pas pu suivre le match du Wydad en direct puisqu’il coïncidait avec la rencontre en championnat du Deportivo face au FC Barcelone. Mais, j’ai vu un enregistrement. Et sincèrement, les joueurs wydadis ont bien négocié cette sortie africaine face à l’une des équipes les plus coriaces du continent. A mon avis, il faut voir le match en tenant compte des conditions climatiques et de l’état déplorable de la pelouse du Complexe MohammedV. En tout cas, et d’un point de vue technique, les Rouge et Blanc étaient magistraux.
Comment voyez-vous le match retour?
Evidemment, rien n’est encore joué pour le Wydad. Leur victoire en aller est certes un pas vers la Coupe, mais le retour peut apporter son lot de surprises. J’aimerais insister sur la nécessité d’encourager le Wydad en vue de ce match retour, et ce, quel que soit le résultat.
Que pensez-vous de l’actuelle sélection nationale ?
Le fait que l’équipe nationale soit menée par un entraîneur national est une très bonne chose. Baddou Zaki saura, mieux que n’importe quel entraîneur étranger motiver ses joueurs. L’avènement d’un ex-international, un joueur qui a évolué dans l’un des championnats les plus importants de la planète à la tête de la sélection insufflera une nouvelle dynamique au groupe.
La force d’une équipe nationale réside-t-elle dans le nombre de joueurs locaux ou de professionnels qu’elle comporte?
Mon idée est très claire là-dessus. J’ai toujours été pour l’intégration d’un maximum de joueurs évoluant dans le championnat local au sein de la sélection. Sinon, comment espérer donner la chance à ces jeunes talents locaux de se faire connaître à l’échelon mondial ? Il faut bien sûr que ces joueurs soient à la hauteur. Pour ce qui est de la présence de professionnels en équipe nationale, il est impératif qu’ils apportent un plus.
Que pensez-vous du projet de professionnalisation du football national ?
Vous savez, chaque championnat professionnel est régi de manière très stricte par des lois. Un projet de cette envergure suppose un engagement global de la part d’une multitude d’acteurs relevant de nombreux domaines de la vie sportive, économique, sociale mais aussi politique. A mon avis, ce dont notre football a le plus besoin, outre les conditions matérielles, est un changement de mentalité.
De quelle manière ?
Le football national regorge de potentialités qu’il faut exploiter de plus en plus. Une multitude d’anciens joueurs professionnels, de dirigeants expérimentés doivent monter au filet. Le professionnalisme ne tombe pas du ciel.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *