Dossier : La FRMF se met au foot business

Un seul mot d’ordre dans les milieux footballistiques ces derniers temps, surtout après l’échec de Zurich, la mise à niveau de cette discipline qui compte des millions de passionnés dans le pays. La première réunion du tout nouveau bureau fédéral, tenue la semaine dernière, en a d’ailleurs fait une priorité. C’est que tous les acteurs sont unanimes quant à la nécessité de mettre en pratique les différents points de ce projet. Rendu public le 8 mai 2002, ce document est le fruit d’une longue réflexion de la part des responsables du football au Maroc.
De nombreuses tentatives ont en effet précédé la confection de ce projet. La première a été menée par l’ancien membre fédéral, Abdellah Benhsaïn, dont le projet comporte un championnat d’élite à 20 équipes. Proposition qui n’a pas été retenue. Ahmed Ammor, président de la commission des études, du suivi des réformes et des structures, a fait une seconde tentative de projet de réformes de cette discipline, mais qui a été également avortée. Ce n’est qu’à la troisième tentative, menée par le même Ammor qui a travaillé sur des propositions du GNF et approuvée par le bureau fédéral, que le projet de mise à niveau du football a vu le jour. Pour passer d’un championnat, qui agonise depuis plusieurs années déjà, boudé par les spectateurs, dont les équipes suffoquent financièrement et qui ne dispose pas du minimum vital en infrastructures sportives, à un autre, professionnel, où chaque intervenant agit en fonction d’un cahier des charges à respecter par tout le monde et ou l’obligation des résultats passe avant tout, une étape de transition est nécessaire. Le projet Ammor a préconisé une étape de transition d’une durée de quatre années.
L’objectif en est de permettre aux différents acteurs de la scène footballistique nationale, FRMF, GNF, ligues et clubs, de se familiariser progressivement avec les contraintes de la compétition professionnelle. Le football y serait non-amateur sans pour autant atteindre le professionnalisme total. Les clubs sont l’axe principal de cette transition avec un seul mot d’ordre, la rigueur dans la gestion. Leur nombre également diminuera à raison de deux par saison pour passer de 16, actuellement en compétition en première division, à 12 dans le cadre d’un championnat professionnel. Jugée nécessaire en période de démarrage, cette réduction du nombre des clubs pourrait être révisée par la suite.
Le cadre juridique doit être revu. Le dahir du 15 novembre 1958, qui représente la base juridique commune à l’ensemble des associations sportives, impose une forme d’activité non lucrative. Ce qui est loin d’être compatible avec l’essence même de la pratique professionnelle. Durant cette période transitoire, un plan d’action a été mis en place. Comportant 13 points essentiels, il touche à tous les niveaux de la pratique footballistique. Ceci dit, plusieurs questions se posent quant au respect du calendrier déjà établi dans le projet de mai 2002. Ce dernier a en effet étalé l’application du plan d’action fédéral sur une période de deux années, de juin 2002 à fin 2003. Le premier semestre 2004 étant largement entamé, il est clair que le bureau fédéral doit revoir ce calendrier. Il est également intéressant de se poser la question quant à la capacité du championnat actuel à supporter une réforme aussi révolutionnaire des méthodes de gestion. Le respect du cahier des charges par les clubs, les mentalités, et ce n’est pas uniquement propre au sport, doivent changer pour faire de la place à une nouvelle génération de dirigeants. Le volet financier est un autre point sensible dans la mise en application de ce projet. L’objectif affiché par le projet de professionnalisation du football est d’arriver à un championnat tournant avec quelque 135 millions de dirhams, provenant en grande partie des recettes du sponsoring, des rencontres et des droits de retransmission télévisuelle. La participation de l’Etat, qui doit être au tout début de la transition de l’ordre de 55 millions de DH doit baisser au bout des quatre années pour n’être que de 25 millions. La plus grande partie de ces sommes devrait aller à la mise à niveau de l’infrastructure sportive dans toutes les régions du pays, avec un programme de développement, des stades à pelouses artificielles. Ces dernières constituent en effet l’avenir du football dans les pays en développement vu le coût très faible d’entretien et la longue durée de vie. Des données qui ont poussé la Fédération internationale (FIFA) à autoriser l’utilisation de ces pelouses.
Doté d’un championnat professionnel, le football marocain n’aura plus rien à envier à ses homologues européens, tunisien ou du Golfe. Il pourrait alors jouer son rôle de catalyseur des énergies de la jeunesse et devenir porteur d’espoir pour les futures générations.

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