Dossier : Menjra : «Une nouvelle vision est nécessaire»

Dossier : Menjra : «Une nouvelle vision est nécessaire»

ALM : D’abord que pensez-vous du projet de réforme du football national ?
Abdelilah Menjra : C’est un projet ambitieux que l’on attendait depuis longtemps. Après deux tentatives vouées à l’échec, il était temps d’avoir une nouvelle vision de l’avenir du football national pour le sortir de sa léthargie. C’est un projet qui s’inscrit dans l’urgence. Il a été décidé de le mettre en oeuvre dans un délai ne dépassant pas les six mois à même de permettre à nos clubs de retrouver leur place sur la scène sportive africaine. La réforme, en elle-même, n’est pas seulement un projet visant la relance du football national, mais aussi une vision globale et futuriste de la gestion de la chose footballistique dans notre pays.
L’une des questions qui ont été soulevées lors de la dernière réunion du bureau fédéral est la mise à niveau du football national. Concrètement, comment cela va se passer ?
La mise à niveau des clubs va passer par deux étapes. Dans un premier temps, et c’est ce qu’on appelle la période transitoire, les clubs vont bénéficier du soutien financier de l’Etat. Des discussions ont eu lieu avec la primature et il a été question d’accorder une enveloppe globale de 100 millions DH pendant quatre ans pour permettre aux clubs de se mettre à niveau. Période durant laquelle on va réduire le nombre des clubs évoluant dans le championnat de première division. De 16, cette année, ce nombre va passer à 14 l’année prochaine, pour atteindre 12 l’année d’après. Dans l’étape suivante, les clubs auront un cahier de charges à respecter, qui prévoit, entre autres, un centre de formation et un terrain gazonné. Après quoi tout va basculer vers un système professionnel. L’avantage de la période de transition c’est que les clubs auront le temps de revoir leur stratégie et leur politique de gestion pour mieux préparer l’étape suivante qui est le professionnalisme. Autre avantage c’est que cela va permettre aux clubs d’opérer le changement avec douceur.
Ce que l’on reproche au GNFE c’est de n’avoir pas communiqué le contenu de cette réforme aux clubs, pourtant, concernés ?
C’est prévu dans la prochaine réunion de la Fédération royale marocaine de football, qui aura lieu dans deux à trois semaines. Les grandes lignes de cette réforme seront présentées et développées pour permettre aux différents clubs qui sont affiliés à la FRMF d’avoir une idée et une vision globale sur ce projet.
Dans ce projet de réforme, il a été aussi question de procéder à un changement des statuts des clubs. De quoi s’agit-il au juste ?
Pour passer d’un championnat amateur à un championnat professionnel, il faut procéder à quelques changements dans les statuts des clubs. C’est indispensable pour réussir cette réforme.
Vous êtes membre du Groupement National du Football Elite et en même temps président du club du Wydad de Casablanca. Autrement dit, vous êtes concerné par cette mise à niveau. Comment la voyez-vous ?
Ce serait une bonne chose pour tous les clubs. En tant que dirigeant du WAC, j’étais toujours pour une réforme du football national car on ne pouvait pas rester comme ça, surtout quand on voit le niveau de compétition atteint par certains pays arabes, pour ne citer que celui de la Tunisie. J’espère que le projet va aboutir, ne serait-ce que pour donner de l’espoir à cette nouvelle génération qui, plus que jamais, a besoin d’un catalyseur. Les énergies sont là, mais elles ont besoin qu’on les libère.

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