Dossier : Professionnalisme : Le talent ne suffit pas…

Dans le sport, le professionnalisme est un concept qui rime avec l’argent. Beaucoup d’argent même. Et le football est une discipline qui ne déroge pas à cette règle. Les plus grands clubs européens ont poussé cette logique jusqu’à devenir de véritables entreprises cotées en bourse et dont le chiffre d’affaires est composé de milliards de dollars.
Au Maroc, on est encore loin de cette situation, ce qui n’empêche pas le projet de mise à niveau du football national de donner une grande importance au volet financier. Premier point prévu par ce document, la création d’une structure spécifique pour la commercialisation du ballon rond marocain, instance qui aurait également pour mission de revoir les contrats signés entre la fédération et le GNF avec leurs partenaires. Le montage financier de la période de transition (quatre saisons) prévue par le projet, prévoit de passer d’un budget total de 120 millions de dirhams pour la première année, à près de 135 millions lors de la quatrième et dernière année. A titre d’exemple, durant les quatre dernières années (1999-2003), les dépenses de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) se sont chiffrées à 227,9 millions de dirhams alors que les recettes n’ont pas dépassé les 193,3 millions, soit un déficit de l’ordre de 34,6 millions. Toujours lors de cette période transitoire, les sources de financement du football marocain sont différentes. Lors de la première année, les subventions des pouvoirs publics, notamment le département de tutelle, sont de l’ordre de 55 millions alors que la contribution des différents sponsors est de l’ordre de 40 millions. Les droits de retransmission télévisuelle apporteront quelque 10 millions tandis que les recettes de billetterie constituent 7 millions. Le reste est partagé entre la contribution financière de la Marocaine des Jeux (5 millions), la subvention de la FIFA (2 millions) ainsi que celle du Comité national olympique marocain (CNOM) (1 million). Lors des trois années qui vont suivre, professionnalisme oblige, la contribution étatique est appelée à diminuer de plus de la moitié pour atteindre 25 millions la dernière année.
Ce manque est à combler par une augmentation sensible des recettes de sponsoring, de billetterie et des droits TV (respectivement 55 millions, 12 millions et 20 millions). Cette hausse considérable ne serait atteinte sans une campagne de sensibilisation et de commercialisation du football marocain, qui deviendrait tout simplement un produit commercial.
Les clubs sont les grands bénéficiaires de cette stratégie de financement professionnelle. Chaque équipe doit en effet disposer d’un budget minimum de 6 millions de dirhams pour la première saison transitoire, dont un million versé par l’instance fédérale. Une seule condition s’impose cependant, le respect du cahier de charges.
Et c’est là où le bât blesse. Il est presque impossible que les clubs évoluant actuellement en championnat national répondent tous aux exigences d’un tel document qui prévoit une même structure organisationnelle de tous les clubs, un mode de fonctionnement conséquent ainsi qu’un plan comptable à respecter.

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