Droit au but : Mahmoud, les deux points de l’espoir

Un Ballon d’Or  soit dit en passant très logique au vu des prestations de haute facture livrées cette année par le Rossonero, dont une sublimissime à Old Trafford en demi-finale de Champions League. Pourtant, en parcourant le détail des votes, qui pour la première fois étaient ouvert aux journalistes non européens ; deux d’entre eux ont particulièrement attiré notre attention. L’Egyptien Mazhar et l’Azéri Mavsumov ont jugé bon accorder un point chacun à Younes Mahmoud, seul joueur arabe présent parmi les cinquante nominés. Cette présence était déjà une victoire en soi, mais le voir figurer au classement, quelle belle leçon de vie ! Mahmoud, c’est l’attaquant du club qatari d’ El Gharafa, mais c’est surtout le capitaine symbole de cette magnifique équipe d’Irak, championne d’Asie des nations cet été pour la toute première fois de son histoire. Avec quatre buts, dont celui décisif de la victoire 1-0  en finale face aux voisins saoudiens; il avait été un des principaux artisans du sacre. Mais lui-même le sait, à travers lui, on a surtout voulu honorer la dignité de son pays. Ah l’Irak ! Nation meurtrie, ravagée par la guerre ; mais dont les «Lions des deux rives» (surnom de la sélection en référence aux deux fleuves qui traversent le pays le Tigre et l’Euphrate) ont fait preuve pendant les trois semaines de compétition d’une incroyable volonté de gagner. Un esprit commando mis en place par le plus marocain des Brésiliens, Jorvan Vieira. Arrivé aux manettes juste deux mois avant le début de la compétition, l’ancien adjoint de Faria a réussi ce qu’aucun politicien n’avait réussi auparavant : réconcilier les Irakiens entre eux. Quand on voyait l’ailier chiite Hawar Mohamed ; bien lancé par Qusay Mounir joueur Arbil club phare de la région Nord à majorité kurde (mais désormais aux Emirats), centrait pour le capitaine Younes Mahmoud d’obédience sunnite, c’est tout le pays qui a relevé la tête et s’est pris à rêver en un avenir meilleur loin des confrontations communautaires qui le secouent. Souvenez-vous de ces joueurs en larmes au soir de la finale à Djakarta, incapables de réaliser l’exploit qu’ils viennent d’accomplir. Gagner la coupe certes, mais surtout avoir montré que l’on pouvait rassembler les Irakiens. Ce 29 juillet, Bagdad, Kirkuk, Bassora, Nadjaf ou encore Fallujah avaient dansé, chanté, oubliant le temps d’un moment les affres de la guerre et les horreurs de leur réalité. Mais c’est aussi partout dans le monde que l’on a eu une pensée pour ce peuple qui a trouvé dans cette sélection un motif de fierté. Cette 29e place de Younes Mahmoud est magnifique. Les deux points qui vont avec aussi. Parce qu’ils sont tout simplement ceux de l’espoir d’un avenir meilleur.

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