Duel autour d’un échiquier

Le duel de Titans entre Wladimir Kramnik et Garri Kasparov atteint des sommets, soulignant le vide laissé par les deux meilleurs joueurs d’échecs de la planète au championnat du monde organisé au même moment par la Fédération internationale (FIDE). « Le vainqueur du tournoi FIDE sera le champion du monde des 128 – 2 », a commenté mardi Sergueï Peteline, un aide de l’ancien champion du monde Anatoli Karpov, éliminé au premier tour du Championnat FIDE. Celui-ci s’est ouvert à Moscou le 25 novembre et regroupait 128 joueurs qui se départagent sur deux matches d’une heure et demie avec jeu décisif en partie rapide en cas d’égalité. Une formule à laquelle refusent de se plier Kasparov et Kramnik. La finale se jouera du 3 au 13 janvier. Mais même si le titre officiel de champion du monde est actuellement défendu par l’Indien Viswanathan Anand, les spécialistes s’accordent à dire que les meilleurs joueurs d’échecs actuels sont bien ceux qui s’affrontent en marge du championnat FIDE dans un tournoi, sans un autre enjeu que financier, en hommage à leur ancien professeur, le grand maître soviétique Mikhaïl Botvinnik). Vainqueur de Karpov en 1985, Kasparov avait été privé de son titre par la FIDE en 1993, après avoir refusé de le défendre sous ses auspices. Depuis, il est en froid avec la Fédération internationale et a fondé avec plusieurs grands maîtres internationaux l’Association professionnelle des échecs (PCA) dont il a été le champion jusqu’en novembre dernier à Londres lorsqu’il a perdu face à son ancien élève Kramnik en 15 parties. A Moscou, après une première partie nulle samedi en 18 coups, Kramnik et Kasparov ont livré dimanche un combat épique au cours duquel Kramnik avec les Noirs a su reprendre l’initiative et n’a accepté la nulle qu’après 72 coups et plus de six heures de jeu. Les deux champions se sont montrés particulièrement prudents durant la phase d’ouverture, perdant beaucoup de temps dans une bataille de position sans prise de pièce. Si bien qu’il ne restait plus que quelques secondes aux deux joueurs pour exécuter leurs huit derniers coups sur les 40 imposés dans un délai de deux heures. Au sortir de ce « blitz », et d’un 45e coup qualifié « d’inhumain » par les grands-maîtres internationaux commentant la partie, Kramnik, qui était jusque-là acculé par les Blancs, avec une défense solide mais des pièces manquant d’espace pour s’exprimer, a obtenu un renversement de situation. La troisième partie Kramnik-Kasparov s’est terminée mardi, sur un nouveau marque nul, au 21e coup.

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