El Aynaoui : La tête haute

Quatre heures et cinquante-neuf minutes de jeu. Il fallait un perdant. Et dame chance a voulu que ce soit l’Américain Andy Roddick qui l’emporte dans le véritable combat qui l’a opposé, en quarts de ce finale de l’Open d’Australie, à Younès El Aynaoui. Un match fou, fou, fou. Les spectateurs en ont eu pour leur argent. Et les téléspectateurs ont été comblés. Un suspense à couper le souffle. Et un cinquième set qui restera dans les annales du tennis mondial.
Younès El Aynaoui (N.18) a fait honneur au tennis marocain et au sport national en général. Après avoir éliminé Lleyton Hewitt, le numéro Un mondial, en huitièmes de finale, Younès a, au cours d’une rencontre homérique face à Roddick (N.9), a fait vibrer et procuré des sensations fortes à ses supporters.
Dès l’entame du match, l’enfant de Rabat allait «breaker» son adversaire, c’est à dire s’emparer de son service. Et c’est ainsi que les deux hommes continuèrent à gagner leurs services, jusqu’à la conclusion du premier set, remporté 6-4 par le Marocain. On s’y prenait à y croire, tant le champion marocain évoluait en confiance, sans complexe aucun, voire conquérant. Le deuxième set allait être de la même veine, puisqu’il allait s’achever sur un tie-break (7-6) en faveur de l’Américain.
La détermination affichée par les deux hommes, au cours de cette seconde manche laissait clairement voir qu’aucun d’entre eux n’était prêt à rendre les armes au cours de ce duel, où on a vu des échanges magnifiques et des retournements de situations qui attristaient où réjouissaient les supporters des deux sportifs. Au cours de la troisième manche, Younès reprendra le dessus et s’imposera sur le score de 6-4.
Et c’est sur le même score que Roddick emportera le quatrième set. A deux sets partout, on était donc dans la situation où le vainqueur devait l’emporter par deux jeux d’écart. Et c’est là que le spectacle allait vraiment commencer, puisque aucun des deux protagonistes ne voulait lâcher prise, malgré la fatigue due à plus de quatre heures de jeu. Un cinquième set qui allait s’avérer aussi impitoyable que les quatre premiers, tant la rage de vaincre était présente des deux côtés du filet. Roddick a même sauvé une première balle de match sur son service à 5-4 contre lui, en a gâché une à 11-10 avant de faire parler sa puissance dans les derniers jeux. Et c’est ainsi que dans une débauche d’efforts, les coups droits, revers, passings et smashes et aces se succéderont au grand plaisir du public australien connaisseur. Celui-ci réservera, d’ailleurs, en fin de partie, une standing ovation aux deux héros du jour, dont aucun n’a démérité. Et c’est le grand John Mc Enroe lui-même, qui viendra interviewer les deux sportifs en fin de match et qui rendra un hommage appuyé à El Aynaoui et Roddick. Les deux quarts de finalistes se congratuleront l’un l’autre, et loueront leurs qualités respectives, forçant le respect du public et des téléspectateurs.
Devant leur poste de télévision, les Marocains avaient la gorge nouée, mais au fond, ils étaient tous fiers de l’enfant chéri du pays. Car ce qu’a réalisé Younès El Aynaoui n’est pas chose aisée et devrait être donné en exemple à beaucoup de jeunes sportifs, pour qu’ils puissent savoir ce qu’est la rage de vaincre, mais aussi, la rigueur, le sérieux, la discipline et le fair-play.
Ce sont toutes ces qualités qui font les champions. Et El Aynaoui, qui, loin s’en faut, n’a pas à rougir de sa défaite, en est un grand.

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