El Aynaoui séduit les Américains

El Aynaoui séduit les Américains

Younès El Aynaoui se trouve devant un dilemme. Plus il prolonge son séjour à New York, plus il retarde le moment de voir son bébé, Naom-Ismaïl, son fils né juste avant le début de l’US Open à Nancy en France. Et à chaque fois qu’il se trouve sur le court, le petit visage, qu’il n’a vu que par e-mail, apparaît devant ses yeux. Les Américains, friands de ce genre de situations romanesques, ont été conquis. Le Marocain, tête de série n° 22 du tournoi, qui devait jouer mardi les huitièmes de finale du dernier tournoi de Grand Chelem de la saison contre l’Espagnol Carlos Moya, n’a cessé de communiquer au public sa joie et sa passion. Mais le parcours de Younès n’est pas uniquement fait de bonheur. Les blessures, les déceptions, les défaites y occupent une grande place. Mais tout ceci n’a pas empêché notre champion de jouer un tennis spectaculaire et faire vibrer le public des plus grandes manifestations tennistiques de l’année. La dernière, mais aussi la plus importante, celle qui a ouvert à notre n° un les portes de la célébrité à l’échelon mondial, demeure l’open d’Australie en janvier 2003. Son quart de finale marathonien contre l’Américain Andy Roddick est resté dans les annales du tennis mondial, le cinquième set de ce match s’est terminé par un tie-break époustouflant de 20-18 également. Cette performance a valu au Marocain les félicitations de l’ex-star des courts, MacEnroe qui s’était demandé comment un joueur de son âge pouvait encore sortir de ce jeu. Cette magnifique aventure a commencé en 1990, date des débuts professionnels de Younés El Aynaoui. Son style et sa personnalité sur les courts de tennis n’allaient pas tarder à s’imposer un peu partout à travers le monde. Mais c’est une douzaine d’années plus tard que son talent allait se confirmer. La saison 2002 qui a été la plus riche de sa carrière puisqu’il a remporté trois titres en s’imposant à Doha, Casablanca et Munich. En 2002 également, Younés a disputé deux finales, respectivement à Doubaï et à Bastad. Mais ente temps, la vie n’était pas que rose pour notre tennisman. Une opération à la cheville en 1997, un arrêt de compétition consécutif allait le faire chuter au 440ème rang mondial. Quatre années plus tard, il arrive au sommet du classement ATP. Position qu’il réussit à garder pendant plusieurs semaines. Cet homme qui paraît plutôt énergique et clair d’esprit hors des courts vit aussi un peu dans la lune. Son compatriote Karim Alami, qui est devenu en début d’année l’entraîneur de l’équipe nationale en Coupe Davis, raconte, perfide, que Younès a réussi à perdre pas moins de 15 téléphones portables. Younès n’a cessé de croire à son rêve. Celui de briller dans la constellation des stars de tennis mondiales. Il y a bien réussi, à 31 ans.

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