Entretien avec Siham Hilali : «J’ai plusieurs médailles et je ne suis pas encore recrutée par le ministère»

Entretien avec Siham Hilali : «J’ai plusieurs médailles et je ne suis pas encore recrutée par le ministère»



ALM : Après votre triomphe au meeting de Brazzaville, quel est votre nouveau défi ?
Siham Hilali : Après ma participation remarquable au meeting de Brazzaville, je suis actuellement de retour à Ifrane pour reprendre les entraînements sous la houlette de l’entraîneur Azzedine Zaz et l’entraîneur de l’équipe nationale Ouajou Driss. Les préparatifs suivent un rythme sérieux, ce mois-ci à Ifrane. Je vais participer à un seul meeting celui de Monaco, pour me consacrer plus aux Championnats du monde d’athlétisme et au Jeux olympiques de Londres en 2012.

Vous sentez-vous en forme pour les prochains Championnats du monde ?
Oui, je suis prête à créer l’exploit lors des prochains Championnats du monde d’athlétisme en Corée du Sud. Je crois que j’ai désormais acquis une bonne expérience en matière de meetings et de manifestations d’athlétisme pour m’attaquer à des événements de renommée mondiale. Je tiens à vous mentionner que je suis qualifiée aux Jeux olympiques de Londres desquelles j’espère bien ramener une médaille.

On remarque que les rangs des athlètes dames manque de relève. Qu’en pensez-vous?
Je peux dire que le niveau des athlètes marocaines est un peu bas par rapport aux athlètes en Europe. Pourtant, on voit émerger de brillantes athlètes telles que Halima Hachlaf et Ibtissam Lakhouad. J’ai confiance en les prochaines générations pour continuer le chemin. Mais c’est vrai qu’à court terme, il n’y a pas d’athlètes dames pour assurer la relève.

Comment les choses se passent-elles quand on exerce le métier d’athlète ?
Vous savez, je suis ancienne championne du monde cadette du 3.000 m en 2003 à Sherbrook (Canada), en plus de plusieurs médailles de bronze, notamment aux Championnats du monde de cross-country par équipes juniors à Lausanne (2003, 18ème en individuel), et sur 1.500m au Championnat d’Afrique juniors à Garoua, au Cameroun (2003). J’ai aussi été championne du monde juniors en 2004. Malgré tous ces titres, je n’ai pas encore de travail fixe pour assurer mon avenir. Le ministère de le Jeunesse et des Sports ne nous a pas recruté malgré le décret de SM le Roi Mohammed VI qui a insisté sur le recrutement des champions et des médaillés d’or au ministère de la Jeunesse et des Sports. J’ai plusieurs médailles et je ne suis pas encore recrutée par le ministère. Si je peux courir aujourd’hui, il n’est pas sûr que je pouvais le faire demain. Parfois, je prends part à des meetings internationaux avec des primes de 3000 dollars parce que je n’ai pas un poste stable et un salaire mensuel fixe. Et je ne suis pas la seule athlète marocaine qui souffre de cette situation.

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