Espagne : L’affaire de dopage «Puerto» en appel

Le Parquet de Madrid a fait appel mercredi du non-lieu prononcé dans l’affaire Puerto, le scandale de dopage sanguin révélé l’été dernier dans le milieu du cyclisme.
Dans son ordonnance d’appel, le ministère public estime que les investigations du juge ont été «insuffisantes pour éclaircir des faits revêtant un caractère d’infraction criminelle».
Il demande donc au juge de procéder à des investigations que le Parquet avait déjà sollicitées en vain.
Le juge Serrano avait décrété lundi un non-lieu général dans ce dossier au motif qu’il n’existait pas au moment où l’affaire avait éclaté, en mai 2006, de loi antidopage permettant de poursuivre pénalement les personnes fournissant ou aidant à la fourniture de produits dopants aux sportifs.
Une loi en ce sens, qui ne peut être appliquée rétroactivement, a été adoptée le 2 novembre 2006 par les députés espagnols.
À aucun moment, l’ordonnance d’appel de cinq pages du Parquet de Madrid ne fait référence à cet argument du juge d’instruction.
Le Parquet conteste en revanche le second argument du juge Serrano qui a conclu à l’innocuité des produits sanguins saisis lors de perquisitions dans des appartements du Dr Eufemiano Fuentes, au centre de ce scandale de dopage. Le magistrat soutenait que les traces d’EPO relevées dans ces poches de sang prélevé sur des cyclistes étaient trop faibles pour qu’on puisse conclure à leur dangerosité pour la santé. Le Parquet de Madrid souligne lui que la manipulation des poches de sang par les personnes impliquées s’est faite «en infraction à la législation espagnole sur les dons et les banques de sang». De telles manipulations «ne peuvent s’effectuer que sous l’autorité des administrations habilitées par le ministère de la Santé», souligne-t-il.
Le Parquet demande ainsi notamment au juge de réclamer un rapport d’expertise du centre de transfusion sanguine de la région de Madrid précisant les conditions dans lesquelles doivent s’effectuer les transfusions sanguines, ainsi que le transport et la conservation du sang humain. Il réclame également une analyse du contenu du matériel informatique saisi lors de perquisitions.

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