Et de quatre pour El Guerrouj

Quelqu’un a déjà dit que le sport est un domaine qui ne répond à aucune logique et où toutes les surprises sont à prévoir. A Berlin où s’est déroulée la dernière édition de la Golden League, la surprise a plutôt cédé la place à la logique. C’est en effet, et surtout, grâce à leurs victoires respectives vendredi soir lors de la dernière étape de la Golden League que le Marocain Hicham El-Guerrouj (1.500m), l’Américaine Marion Jones (100m), le Dominicain Felix Sanchez (400m haies) et la Mexicaine Ana Guevara (400m) ont pu passer le cap pour accéder à quatre et sans faille au jackpot.
L’invaincu de la saison, Hicham El Guerrouj en l’occurrence, n’est par ailleurs pas à son premier grand exploit dans les circuits de la Golden League. Puisque notre recordman du monde du 1.500 mètres, n’a fait (et il l’a si bien fait) que s’imposer pour la quatrième fois après 1998, 2000 et 2001 en remportant sans grandes difficultés la Golden League d’athlétisme 2002. Un exploit dont il peut être plus que fier puisqu’il est seul à l’avoir réalisé. Ce natif de Berkane n’a pas peiné à dominer le 1.500 mètres en 3’30″00 devant le Kenyan Bernard Lagat.
Une telle réalisation pourrait peut-être lui faire pardonner le préjudice dont il a été l’auteur. Allusion faite aux propos malveillants qu’il a tenus dernièrement au micro de l’AFP et où il accusait mordicus son compatriote Boulami de s’adonner au dopage. Ne s’agit-il pas du même El Guerrouj qui ne se permet pas de faillir quand il s’agit des pistes des compétitions. «Je vais essayer de battre mon record du monde dimanche à Rieti», a déclaré samedi El-Guerrouj, détenteur à Rome en 1998 du record en 3’26″00.
Faille est le mot qui revenait aussi comme un refrain quand il s’agissait d’évoquer le concept emprunté par la Golden League. A sa cinquième édition, le circuit en question repose en effet sur le principe de proposer un pactole de valeur aux vainqueurs de toutes les épreuves de la saison à même de pouvoir attirer les meilleurs candidats-athlètes. 50kg d’or correspondent au gain attribué à l’édition de cette année, partagés in fine entre les quatre gagnants. «Malheureusement, la fédération internationale (IAAF) se perd depuis lors dans des formules différentes chaque année, qui n’aident en rien à l’implantation de son enfant», n’a pas manqué de signaler un observateur sportif. Dès lors, c’est un manque de lisibilité qui s’instaure prohibant le circuit de ses chances de gagner en termes de notoriété et de réputation.
Ainsi, en 1998 par exemple, six réunions étaient concernées -Oslo, Rome, Zurich, Bruxelles, Monaco et Berlin- rejointes un an plus tard par Paris. Et pour toucher le jackpot, les conditions changent également au gré des étés. En 1998 et en 1999, les athlètes devaient réaliser le grand chelem pour obtenir une part du million de dollars. Les choses ont changé durant les années qui ont suivi. Durant les années 2000 et 2001, une brise d’allègement a soufflé sur adoucies avec cinq succès sur sept courses requis, avant de revenir cet été à un sans faute (7 sur 7). Ceci n’empêche en rien certains participants de renommée, tel l’Américaine Marion Jones, qui partage pour la troisième fois le pactole, de «préférer toujours en y réfléchissant un titre mondial à un succès en Golden League».
Une nouvelle formule naîtra du rendez-vous parisien. Elle sera appliquée lors de l’édition prochaine, programmée pour 2003.

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