Euro-2016: Une nouvelle journée à risques se profile ce mercredi

Euro-2016: Une nouvelle journée à risques se profile ce mercredi

En Angleterre ou en Allemagne, des voix se sont élevées pour affirmer que la situation avait échappé à la police française. Ces affrontements, auxquels ont également participé des Français, ont fait 35 blessés, quasiment tous anglais.

Le monde entier a assisté incrédule aux scènes d’une rare violence qui ont éclaté samedi à Marseille en marge du match opposant l’Angleterre à la Russie pour le compte de l’Euro 2016. Abritant ce grand événement, la France a dû se manifester et se défendre 48 heures avant une nouvelle journée à risques dans le Nord qui suscite l’inquiétude de la Fédération anglaise. A Marseille, «il y avait plus de 1.000 policiers dans les rues qui sont intervenus pour faire cesser les troubles à l’ordre public et cela s’est fait en une heure», a déclaré le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve. Il a réfuté les critiques sur un «sous-dimensionnement du dispositif de sécurité» et regretté une «polémique injuste».
En Angleterre ou en Allemagne, des voix se sont élevées pour affirmer que la situation avait échappé à la police française.

Ces affrontements, auxquels ont également participé des Français, ont fait 35 blessés, quasiment tous anglais. Le plus grave est toujours dans un état «critique» mais stable, selon le procureur de Marseille Brice Robin. Les forces de l’ordre françaises «n’ont pas su gérer le mouvement d’ultras russes», a dénoncé auprès de l’AFP Geoff Pearson, spécialiste anglais des supporters radicaux, qui était à Marseille samedi. En France, l’opposition s’est emparée de l’affaire. Guillaume Larrivé, porte-parole du parti Les Républicains, a dénoncé des «dysfonctionnements» et des «failles».
«Il n’y a pas eu de faille», a rétorqué le procureur de Marseille. «Préparés pour des opérations hyper-rapides et hyper-violentes», les 150 hooligans russes «extrêmement entraînés» ont visiblement déjoué la surveillance policière en évitant d’arriver par avion à Marseille, selon lui.

La Russie n’aurait «jamais dû laisser passer» ces hooligans, a affirmé à l’AFP le ministre des sports Patrick Kanner, en dénonçant une «absence de coopération regrettable». «Nous prenons toutes les décisions qui doivent s’imposer», a de son côté assuré le Premier ministre Manuel Valls. Le prochain match des Russes aura lieu ce mercredi à Lille et celui des Anglais le lendemain, à 40 km de là, à Lens. Dans une lettre à l’UEFA, la Fédération anglaise (FA) ne cache pas ses «sérieuses inquiétudes» et craint de nouveaux heurts. Les supporteurs anglais sans billet pour le match de jeudi à Lens, où l’Angleterre affrontera le Pays de Galles, doivent selon elle se rassembler dès mercredi à Lille, où la Russie affrontera la Slovaquie.

La FA demande que «les autorités se réunissent le plus vite possible à Lille et à Lens pour assurer un plan de sécurité coordonné et efficace».
Echaudée par les violences de samedi, Marseille a pris une décision rarissime pour éviter de nouveaux incidents lors d’Ukraine-Pologne le 21 juin: repousser la fête de la musique, événement qui draine des milliers de gens dans les rues jusque tard dans la nuit. A Marseille, elle aura lieu le 23 juin, journée sans match à l’Euro, tout comme le 24. Dans l’après-midi, le tribunal de Marseille a prononcé neuf peines de prison ferme et une avec sursis contre six supporters britanniques, trois Français et un Autrichien qui ont participé aux violences du week-end. La plus lourde, un an ferme, a visé un Français de 29 ans, condamné pour avoir notamment frappé dans la nuit de jeudi à vendredi trois personnes, à coups de pied, de poing et de ceinture.

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