Fièvre raciste dans les stades

Fièvre raciste dans les stades

Bananes lancées sur des joueurs brésiliens d’un club polonais, Gerald Asamoah et Samuel Eto’o insultés pour leur couleur de peau en Allemagne et en Espagne: les stades de football connaissent une nouvelle poussée de fièvre raciste en Europe en ce début de saison.
Le comité d’organisation de la Coupe du monde 2006 de football (9 juin-9 juillet) avait pourtant montré le bon exemple, pour la première fois de son histoire, déboursant quatre millions d’euros pour lutter contre le racisme durant le tournoi.
Des banderoles "Dites non au racisme" (Say no to racism) avaient été déployées dans le rond central avant les matches et, à partir des quarts de finale, les capitaines des équipes qualifiées avaient pris le micro avant le coup d’envoi pour lancer un appel à la tolérance.
L’Union européenne de football (UEFA) avait ensuite publié le 31 juillet un nouveau barème disciplinaire avec au moins cinq matches de suspension pour quiconque insulte "la dignité humaine d’une personne ou d’un groupe de personnes (…), incluant la couleur de peau, la race, la religion ou l’origine ethnique".
Les dérapages continuent en ce début de saison. En Espagne, l’attaquant international camerounais Samuel Eto’o a été visé dimanche par des cris racistes lorsqu’il a ouvert le score pour le FC Barcelone sur le terrain du Racing Santander, a rapporté la radio privée Cadena Ser.
L’international camerounais du club catalan avait déjà été confronté à des comportements racistes similaires dans le même stade la saison dernière.
Eto’o, souvent victime de cris racistes dans plusieurs stades d’Espagne, avait failli quitter la pelouse de celui du Real Saragosse le 25 février. Le club avait reçu une simple amende de 9000 euros alors que le joueur réclamait des "sanctions exemplaires".
En Pologne, des hooligans ont jeté des bananes et lancé des insultes racistes contre les joueurs brésiliens du club de première division polonaise de football, Pogon Szczecin, lors d’un match de Coupe de Pologne mardi soir à Gdansk (nord), a annoncé mercredi la police locale.
En Allemagne, des insultes et chants ont aussi visé le Brésilien Kahe, buteur de Mönchengladbach. L’arbitre Michael Weiner a alors interrompu la rencontre pour demander la diffusion d’un message par le système audio du stade à l’intention des spectateurs.
«Le message disait que si des propos racistes étaient à nouveau proférés, j’allais demander aux deux équipes de quitter la pelouse», a expliqué M. Weiner après la rencontre. «Nous avons reçu cette semaine des consignes de la commission d’arbitrage nous incitant à prendre ces mesures lorsque le corps arbitral entend des insultes racistes».
La Fédération allemande de football (DFB) a par ailleurs condamné le 15 septembre le club de Rostock à une amende de 20.000 euros après les insultes racistes (cris de singes notamment) visant Gerald Asamoah, international allemand d’origine ghanéenne, lors du match de Coupe d’Allemagne opposant l’équipe B de Rostock (3e div.) à Schalke 04 (1re div.).

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