Football : Irak : L’équipe nationale accueillie en héros à Bagdad

Les joueurs, dont sept ont renoncé à être présents, étaient arrivés à 13H30 GMT (17H30 locales) en provenance d’Amman, par un avion de la compagnie Iraqi Airways spécialement affrété par le gouvernement irakien.
«Nous venons à Bagdad avec une immense joie. Ce fut une grande victoire. Nous souhaitons offrir cette coupe au peuple irakien et à cette femme qui a perdu son fils dans une attaque terroriste, lors de notre victoire en demi-finale», a déclaré le joueur Ali Abbas, en sanglots.
L’équipe nationale, qui a remporté le 29 juillet la Coupe d’Asie à Jakarta face à l’Arabie saoudite (1-0), n’a pas oublié que sa victoire en demi-finale avait été endeuillée par des attentats qui avaient fait 50 morts dont un garçon de douze ans.
Cadeau au peuple Irakien «Nous espérons trouver la maison (de cette mère) et lui rendre visite», a ajouté le joueur Noor Sabri, qui s’exprimait à la télévision d’Etat irakienne.
«Cette victoire est un présent pour le peuple irakien, qui vit dans l’injustice », a-t-il poursuivi entouré de personnalités officielles agitant drapeaux et guirlandes dont le ministre de l’Intérieur Jawad Bolani.
«Je félicite le peuple irakien. Je salue les héros (…). Ils ont rendu les Irakiens heureux », a souligné M. Bolani.
«Ils ont juste battu l’Arabie saoudite mais ils ont apporté de la joie du Kurdistan à Bassorah au sud», a-t-il ajouté.
Le Premier ministre Nouri al-Maliki les a salués, embrassés et entourés de guirlandes fleuries.
Sept joueurs ont toutefois décidé de boycotter les cérémonies, qui se sont déroulées dans la zone verte ultra sécurisée du centre de la capitale, qui abrite les ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne ainsi que les bureaux du gouvernement et des principaux ministères irakiens.
Parmi eux, Nachat Akram, Hawar Mullah Mohammed et le capitaine Younès Mahmoud, officiellement parce qu’ils avaient des contrats sportifs et publicitaires à signer. Interrogations sur quelques joueurs, Hassan Qassem, porte-parole du ministère de la Jeunesse et des Sports, a ainsi nié que les violences aient pu influer sur leur décision. « La sécurité n’a rien à voir avec cela, a-t-il affirmé. Il s’agit de questions purement administratives liées à la conclusion de leurs contrats».
Pourtant, au lendemain de la victoire, Mahmoud avait laissé entendre qu’il ne rentrerait pas à Bagdad.
«J’aimerais rentrer à Bagdad pour fêter ça, mais qui protègera ma vie ?» s’était alors interrogé le joueur, qui évolue au Qatar et est auteur du but victorieux en finale. « En Irak, nul ne sait qui vous tuera », avait-il lancé.
«Nous ne forçons aucun joueur à aller à Bagdad », avait dit le vice-président de la Fédération irakienne de football, Najeh Hamoud, précisant que Akram était à Dubaï pour signer un contrat avec le club Al-Aïn tandis que Mahmoud devait partir pour la Syrie pour y voir sa famille.
L’entraîneur brésilien, Jorvan Vieira, n’a pas fait non plus le déplacement, expliquant qu’il avait « besoin de repos ».
Il a ajouté avoir reçu de nombreuses propositions « de Chine, d’Australie, de la Corée du Sud, de Turquie ou encore de Tunisie et du Qatar. Cela prendra trois mois avant que je me décide ».
Selon lui, sa mission avec l’équipe irakienne a pris fin avec la victoire en Coupe d’Asie.
La victoire de l’équipe nationale dimanche avait été l’occasion d’un rare moment d’union en Irak où tous les partis avaient salué l’événement historique.
Des milliers d’Irakiens, dont des membres de la sécurité, avaient bravé l’ordre de cessez-le-feu du gouvernement, accueillant par des tirs d’armes la victoire inédite de leur équipe, symbole d’unité nationale car composée de chiites, sunnites et kurdes.

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