Football : la conquête tranquille

Football : la conquête tranquille

La Coupe du monde débutera bientôt en Allemagne. Le football connaît un perpétuel procès. Pour certains, ce sont les pratiques douteuses de la FIFA, les scandales des matchs truqués en Italie, le pire nationalisme et même le racisme. Pour d’autres, c’est un sport populaire aux vertus collectives et aux règles simples. Un jeu universel. Dans cette seconde catégorie, on retrouve Pascal Boniface, directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Dans son dernier ouvrage intitulé : "Football et mondialisation", ce géopoliticien traite les aspects géostratégiques de ce sport. Son livre a fait récemment l’objet d’une conférence-débat à l’école de l’ESCA à Casablanca. L’auteur, passionné de football, définit ce sport comme "le stade ultime de la mondialisation", puisque "son empire ne connaît ni frontières ni limites." «Il n’y a aucune surface habitée de la planète, si petite soit-elle, qui puisse résister à la conquête du football», écrit-il.
Le football est le symbole même de la mondialisation, dit-il. Alors que la mondialisation est perçue comme une force venant dissoudre les identités nationales, le football, en est le plus sûr ciment. Lorsqu’on lui demande pourquoi, il nous répond que les populations se soudent autour de leur équipe nationale, porte-drapeau d’un pays et symbole consensuel d’une unité mise à mal. Avant d’argumenter en citant plusieurs exemples qui reflètent cette thèse, selon laquelle le football renoue le lien national. L’exemple le plus frappant est le cas de la Turquie. Lorsque l’équipe nationale turque jouait au mondial, les kurds étaient scotchés devant leurs téléviseurs et suivaient les matchs avec un grand engouement. 
Même chose lorsque l’équipe de la Corée du Sud a atteint la demi-finale de la Coupe du monde en 2002. Les garde -frontières nord-coréens n’ont pas pu s’empêcher d’applaudir l’équipe de Corée du Sud sans se soucier d’être sanctionnés par leur gouvernement.
Pascal Boniface nous dit aussi que dans la planète football, la puissance d’un pays ne dépend pas de son PIB. Et alors que la domination d’une superpuissance comme les Etats-Unis suscite à la fois le mépris et la haine de certains pays, dans le monde du Foot, ce n’est pas le cas. En régnant sur le football mondial, l’équipe du Brésil est aimée par les foules, ou du moins respectée.  Dans "Football et mondialisation", Pascal Boniface s’attaque à plusieurs questions qui gênent ou surprennent. Le football attise-t-il les haines nationales jusqu’à déboucher sur les affrontements guerriers ou est-il le moyen d’ouverture sur les autres ? Le football est-il un moyen d’intégration et de mixité raciale, permettant une harmonie sociale interne, ou sert-il d’exutoire aux débordements racistes ?…etc.
C’est en répondant à ces questions que Pascal Boniface fait une plaidoirie en faveur du ce sport en traçant l’histoire de la conquête du monde par le football.

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