France-Chypre : Lacunes défensives

«Nous avons commis beaucoup d’erreurs et sur le plan défensif, les joueurs n’ont pas répondu présents», a commenté Jacques Santini, le sélectionneur français. «Il y a des gestes qui auraient dû être faits et qui ne l’ont pas été, a-t-il poursuivi, ajoutant : «nous nous sommes mis à la faute et nous nous sommes mis en danger tout seuls». «Cette obligation de défendre concerne tout le monde. C’est une question collective», a-t-il ajouté, souhaitant «ne montrer personne du doigt alors que la campagne de qualification ne fait que commencer». Et d’affirmer que l’équipe de France ne parviendra pas à faire du jeu et à obtenir de bons résultats «si nous laissons autant d’espaces entre nos lignes». La question est d’autant moins anodine qu’elle a largement été abordée, disséquée et commentée lors de la Coupe du monde puis avant le début des éliminatoires. La charnière centrale, composée de Philippe Christanval et Marcel Desailly, a été particulièrement mise à contribution et malmenée par des Chypriotes qui avaient certainement dû regarder la Coupe du monde. C’est sur un débordement de l’Allemand Rainer Rauffmann, qui prenait de vitesse le pauvre Christanval, que Chypre réussissait à ouvrir le score par son avant-centre Okkas sur la seule véritable occasion de la première période. Il y a encore deux ans, lorsque Laurent Blanc officiait au poste de stoppeur, la France disposait d’une des meilleures charnières centrale au monde. Blanc ayant tiré sa révérence, il a laissé un trou au milieu de la défense que, pour l’instant, personne n’a réussi à combler.
Frank Leboeuf était le successeur quasiment obligé du joueur de Manchester United, sa légitimité découlant de sa présence au Mondial 98 et sa patience discrète pendant de très longues années méritant récompense. Leboeuf parti à son tour, la voix discordante de Lilian Thuram s’est naturellement faite entendre dans ce jeu de chaises musicales. Le Turinois s’ennuie sur son aile. Mais les essais de Roger Lemerre s’étaient révélés catastrophiques lors de la Coupe du monde et Jacques Santini, n’ayant aucun goût pour le mimétisme, avait décidé de titulariser Christanval. Il est clair que le Barcelonais n’a pas apporté la sérénité indispensable à un poste aussi stratégique.
Conséquence: c’est toute la défense qui se trouve déséquilibrée sur le côté droit. Mickael Silvestre joue le plus souvent les sauveurs et ne peut plus apporter sa puissance physique et ses centres dévastateurs dans les phases offensives. Le Mancunien préfère rester sagement en défense pour parer à toute éventualité.
Cette situation est encore compliquée par l’âge du capitaine Desailly, qui a fêté ses 34 ans samedi, et n’apparaît plus disposer de la vitesse et de la présence physique qui furent les siennes. Certes, le libero de Chelsea compense avec son expérience et sa ruse, mais cela n’est pas toujours suffisant. Preuve que cette question préoccupe sérieusement Santini, ce dernier avait convoqué l’Auxerrois Philippe Mexès contre la Tunisie et avait même cité le nom de Boumsong comme un possible prétendant. Il va devoir rapidement trouver un remède à ce mal récurrent et ne pourra pas se contenter d’un placebo car le prochain adversaire, la Slovénie, est bien plus redoutable que les modestes Chypriotes.

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