France : La Fédération était-elle au courant ?

Un nouveau rebondissement dans l’affaire des quotas place la Fédération française de football en position inconfortable: Mohammed Belkacemi, qui a enregistré la fameuse réunion du 8 novembre, affirme avoir remis son «seul enregistrement à la Fédération le 9 novembre 2010.» Ce rebondissement déplace la tempête médiatique. Le président Fernand Duchaussoy savait-il ?
«Jusqu’à jeudi dernier dans la soirée, je n’ai à aucun moment été informé par quiconque des échanges tenus au cours de la réunion du 8 novembre 2010, pas plus que de l’existence d’un enregistrement», a écrit mercredi soir le président de la FFF dans un communiqué transmis à l’AFP. La ministre des Sports Chantal Jouanno a déclaré à ce sujet mercredi: «Est-ce que la FFF savait? Pas la FFF au sens de toutes ses instances dirigeantes mais certains de ses dirigeants. Je n’ai aucune raison de douter de la sincérité du président de la FFF (Fernand Duchaussoy) et de son vice-président (Noël Le Graët).» André Prévosto, en charge du pôle du football amateur et auditionné mardi par la commission d’enquête interne de la FFF, a bien reçu la «cassette» de M. Belkacemi, selon des sources concordantes proches du dossier interrogées par l’AFP. M. Prévosto, qui n’a pu être joint, a déclaré aux enquêteurs de la FFF qu’il n’en avait rien fait. «Monsieur Prévosto a porté ces éléments pour la première fois à ma connaissance jeudi dernier, à la suite des révélations du site Mediapart, assure M. Duchaussoy. Après information des membres du Conseil fédéral, dès vendredi (dernier), j’ai pris l’initiative de diligenter une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur cette affaire.»
Selon des sources proches du dossier, les auditions mettraient en évidence une réunion du 8 novembre 2010 qui tiendrait plus de la conversation «café du commerce» que d’une véritable projet de quotas structuré.
Un point de vue éloigné de celui de Belkacemi qui s’est exprimé mercredi: «J’ai enregistré la réunion du 8 novembre 2010 pour témoigner en interne des propos inqualifiables que j’avais déjà entendus auparavant. J’ai remis le seul enregistrement à la Fédération le 9 novembre 2010 pour confirmer mes propos.» «Je n’ai donc jamais remis l’enregistrement à un journaliste», poursuit-il.
Pour la ministre, «il faut éviter que ce climat délétère ne pénalise durablement la FFF». «Il y a trop d’amalgames dans cette affaire et malheureusement, quel que soit le résultat des enquêtes, qu’il y ait des faits délictueux ou au contraire diffamation, le sport est perdant, le foot est perdant», a-t-elle conclu. La génération 98 est déjà perdante. Christophe Dugarry, champion du monde 1998 aujourd’hui consultant télé, s’est dit «inquiet de voir Laurent Blanc éventuellement s’en aller» en raison de l’affaire des quotas. Et Dugarry décorner son ex-coéquipier Lilian Thuram qui veut «passer pour le juge de la cour suprême» dans cette polémique.

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