Groupe B : les Anglais ont vaincu sans convaincre

Bien peu convaincante pour son premier match du Mondial de football face au Paraguay (1-0) samedi à Francfort, l’Angleterre doit surtout s’inquiéter de son apathie offensive, qui repose la question des choix contestés de son sélectionneur Sven-Goran Eriksson. L’Angleterre a remporté un match d’ouverture de la Coupe du monde pour la première fois depuis 1982 et un but marqué par Bryan Robson après 27 secondes de jeu face à la France, et elle s’en satisfait. Pour l’instant. Car sa démonstration n’a pas été des plus lumineuses. Elle pourra invoquer les conditions de jeu -une température frisant les 30°-, louer sa solidité défensive -mais face à des Paraguayens très timorés-, elle a bien été la moins impressionnante des favoris (Argentine, Allemagne) à s’être déjà exprimés dans ce Mondial. L’animation offensive anglaise, avec un schéma trop systématiquement axé sur la recherche par du jeu long de la tête de Peter Crouch, a montré ses limites. Non pas tant parce que l’attaquant de Liverpool n’a pas été à la hauteur, mais bien plus parce que ce qui ne devait être qu’un plan B est devenu l’alternative unique. L’ouverture du score rapide (4), après un coup franc de David Beckham prolongé dans ses propres buts par le défenseur et capitaine paraguayen Carlos Gamarra, avait tissé la trame d’un scénario idéal pour l’Angleterre. Mais elle n’a pu ensuite tirer le parti de sa domination en première période.  Michael Owen, qui n’avait joué que l’équivalent de trois matches cette saison, après s’être fracturé le 31 décembre un os du pied, a montré son manque actuel d’explosivité. Idéalement lancé par Steven Gerrard (11), il a gâché d’une prise de balle maladroite une occasion idéale. Cette action symbolise le doute entourant l’attaquant de Newcastle, auteur de 36 buts sous le maillot national. Son remplacement à la 56e minute par Stewart Downing arrive comme un aveu de son impuissance, même si Eriksson s’est évertué à le défendre. «Je pense que Michael a été bon aujourd’hui, a certifié le Suédois. Il sera meilleur et meilleur à chaque match. Je voulais juste des jambes fraîches». La sortie d’Owen a encore accentué la banalité du jeu anglais, Crouch n’ayant plus d’appui immédiat pour ses déviations. Les défenseurs paraguayens s’en étaient d’ailleurs déjà accommodés.
Cette inefficacité remet sur le devant de la scène les choix d’Eriksson de n’inclure que quatre attaquants dans son groupe, dont deux reviennent de blessure (Owen et Wayne Rooney) et un, Theo Walcott, n’a que 17 ans et n’a jamais joué un seul match de Championnat.

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