Hadji veut encore rugir

Mustapha Hadji veut rejouer avec les Lions de l’Atlas. Il sent qu’il en a encore les moyens physiques. Agé de 31 ans, l’homme a acquis une maturité tactique capitalisée au fil des différents championnats européens auxquels il a participé. Mercredi dernier, une dépêche anodine soulignait que le sociétaire marocain de l’équipe anglaise d’Aston Villa était prêt à rejoindre les rangs des Lions de l’Atlas. Mustapha Hadji, qui a renoncé à la sélection depuis plus d’un an à la suite d’un conflit avec l’ex-coach national Humberto Cuelho, mais également suite à quelques coups de sifflets malheureux d’une partie du public qui ne lui pardonnait pas une baisse de forme passagère, a souligné qu’il répondrait présent si le nouvel entraîneur de la sélection nationale, Badou Zaki, faisait appel à lui. « J’aime mon pays, et je ferai tout mon possible pour l’aider. Je n’ai que 30 ans et je peux donner encore beaucoup pour l’équipe nationale. Le football marocain ne va pas très bien en ce moment et les Marocains souhaitent mon retour».
«Le football international me manque, j’ai renoncé trop tôt à l’équipe nationale», a-t-il souligné. Tout a été dit en quelques phrases. Dribbleur hors pair, Mustapha Hadji est un joueur imprévisible. Ce grand milieu de terrain (il mesure 1m84), qui a connu des heures de gloire avec les Benzekri, Camacho, El Hadrioui, Chippo et consorts, possède également une frappe de balle précise. Ses échappées sur le flanc droit et ses centres précis sont à présent évoqués avec nostalgie par le puristes du football marocain. C’est dans l’Hexagone que ce natif d’Ifrane (près d’Agadir) attrape le virus du football. Son père, qui avait trouvé un emploi de mineur en France, installe successivement sa petite famille à Saint-Etienne, à Monceau puis à Creutzwald.
C’est dans cette dernière que Mustapha signe sa première licence en cadets et joue en équipe première dès la deuxième année. Ses qualités sont remarquées par Alain Perrin, le directeur du centre de formation de l’AS Nancy Lorraine, qui le fait signer aspirant à l’ASNL. Très vite, Mustapha Hadji frappe à la porte des pros mais ses débuts en équipe première sont retardés car l’ASNL compte déjà son quota d’étrangers. Il débute en 1992 alors que l’ASNL vient d’être rétrogradée en deuxième division. Quelques années plus tard, l’entraîneur de l’équipe de France espoirs le sélectionne. Mais Mustapha Hadji refuse et préfère porter le maillot des Lions de l’Atlas. Et, en décembre 1993, appelé par Abdallah Blinda, il sortira un match fabuleux contre la Zambie en éliminatoires de la Coupe du monde 1994. Dès lors, il est adopté par le public du Complexe Mohammed V, qui n’a pas oublié son engagement, son travail de récupération et ce fameux tir de loin sur la transversale, et celui du Maroc tout entier. Il restera à Nancy jusqu’en 1996 avant d’être transféré, à sa demande, au Sporting de Lisbonne.
Au Portugal, ce milieu de terrain, grand (1,84 m), va trouver un terrain à sa mesure. Un an et demi plus tard, lassé des crises à répétition qui secouent le Sporting, Hadji prend un pari. Il part rejoindre son ami Naybet à la Corogne (Espagne). Il évoluera ensuite à Coventry, en Angleterre, où il marquera des buts décisifs et portera même le brassard de capitaine. En 1998, c’est la consécration à l’échelle continentale –il est élu meilleur joueur africain – et un superbe mondial en France où il marque un but d’anthologie face à la Norvège, lors du premier match des Lions de l’Atlas.
En 2001, Mustapha Hadji signe à Aston Villa. Lors d’une conférence de presse tenue récemment à Maâmora, Zaki a évoqué dans ce cadre l’éventualité du retour de Mustapha Hadji. «Un joueur qui a tant donné à l’équipe nationale et que je n’hésiterai pas à convoquer lorsque le moment viendra», a-t-il dit. Le moment paraît tout désigné, dans la mesure où «Mousse» d’en découdre. Sa rigueur à l’entraînement, son sérieux et sa rage de vaincre ne sont plus à démontrer et son expérience peut s’avérer un atout de taille pour Zaki, qui pourra compter sur lui pour insuffler à la fois enthousiasme et confiance à ses jeunes coéquipiers.

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