Hamidouch-CODM : Le divorce

ALM : Pourquoi avoir quitté le CODM?
Hammadi Hamidouch : J’ai quitté le CODM avec beaucoup de regrets parce que mon programme technique n’a pas été accepté par le président de la section football qui estime qu’une direction technique n’est pas nécessaire pour un club et que en pleine elle n’est pas rentable. Et il estime qu’une direction technique concerne juste l’équipe première. Et comme celle-ci est dirigée par Fakhreddine, et que les résultats sont bons, il juge que c’est suffisant pour mener la barque du CODM.
Est-ce que ce problème n’est pas lié à des considérations d’ordre financier?
Je ne pense pas que ce soit là un handicap. Au départ, il n’était pas question de finances. C’est le Conseil d’Administration qui finance tout le parcours de l’équipe première. Je ne pense pas qu’un investissement dans une direction technique soit un handicap pour la viabilité du club. Ensuite, le président de la section football a présenté un dossier disant qu’il s’agit du travail de l’ancienne direction technique et qu’ils ont besoin d’un directeur technique qui perçoit 1.000 dirhams par mois. Un directeur technique à ce salaire-là, cela veut dire qu’on se moque des gens ! Donc, ce n’est pas une question de finances, mais plutôt une question d’hommes. C’est l’histoire, le public et la ville de Meknès qui vont juger.
Est-ce que vous voulez dire que c’est de Hamidouch et non d’un directeur technique que les dirigeants ne veulent pas ?
Exactement. Ils pensent que je les gêne et ils n’ont aucun moyen de prouver, puisque je ne rentre pas dans leurs affaires, ni dans la gestion du club. Je m’occupe du volet technique et surtout cette année, mon programme est basé sur les jeunes. Donc l’équipe première, je ne m’en occupe pas –c’est leur propriété privée – et c’est peut-être ce qui leur fait un peu peur. Mais ce que je regrette, c’est qu’ils ont tiré profit de ma présence qui a redonné confiance au public meknassi, qui est revenu en masse au stade. Je pars parce qu’ils ne m’ont pas laissé travailler.
Qui entendez-vous par «ils» ?
Le président de la section football et son secrétaire général. Le courant ne passe pas. J’ai apporté beaucoup, peut-être pas directement sur le terrain, parce que c’est Fakhreddine le responsable technique. Mais, j’ai apporté beaucoup au niveau de la motivation des joueurs, qui savent qu’il y a un technicien derrière, qui peut les encourager pour les sélections et qui peut les défendre. Mais le comité football a pris la décision de ne pas collaborer avec moi.
Qui a fait appel à vous et quels étaient les termes du contrat ?
En fait, c’était d’abord M. le Wali, que je remercie beaucoup pour la confiance qu’il a placée en moi. C’était après le passage à vide qu’avait connu le CODM, qui n’avait récolté que deux points en quatre matches. Il avait convoqué la section football pour tirer la sonnette d’alarme. Et proposé, comme je me trouvais à Meknès et que j’étais sur le départ pour la Guinée-Equatoriale, que j’annule mon voyage et mon engagement. Et que je m’occupe un peu du CODM, qui avait besoin d’un technicien pour préparer un programme. Tout le monde a applaudi. Et, donc, ils n’ont pas eu le courage de dire : «nous ne voulons pas de M. Hamidouch». Un mois plus tard, l’équipe a repris, Fakhreddine a commencé à connaître l’équipe, les résultats ont suivi.
Et quand on a parlé budget, ils se sont opposés farouchement, disant qu’ils n’ont pas les moyens. Deuxièmement, et c’est le plus grave, ils ont dit qu’ils n’avaient pas besoin de cette direction technique. Si c’était uniquement une question de budget, on aurait pu peut-être, trouver des entraîneurs bénévoles, et j’aurais pu servir mon club comme je l’ai toujours fait, avec abnégation. Mais c’était une fausse piste. Maintenant que nous sommes deuxièmes et que le club tourne bien, c’est l’occasion de se séparer de Hamidouch.
Quelle est la tâche d’un directeur technique?
Beaucoup pensent qu’une direction technique, c’est juste pour venir donner un coup de main à l’entraîneur de l’équipe première. Or, la direction technique, c’est d’abord un suivi des entraînements de toutes les catégories. Des bilans et des analyses à élaborer pour chaque équipe. Le suivi des joueurs sélectionnés dans les équipes nationales. La détection et la sélection des joueurs, etc.
Est-ce que vous ne regrettez pas d’avoir raté l’occasion d’entraîner la Guinée-Equatoriale ?
Je le regrette énormément. Parce que je me suis désisté pour m’engager entièrement avec le CODM. Et je crois aussi que c’est un coup monté de la part de ces dirigeants qui m’ont laissé annuler mon voyage, pour ne pas m’accepter par la suite. S’ils s’étaient opposés dès le départ à ma venue, je serais en Guinée-Equatoriale, en tant qu’entraîneur d’une équipe nationale africaine. Et j’aurais pris du galon avant de rentrer au pays.
Quels sont vos projets dans l’immédiat ?
Je reste à la disposition du sport meknassi, parce que j’ai un projet assez avancé de complexe sportif pour la formation des footballeurs. A moins qu’il n’y ait une proposition encore plus intéressante émanant d’une autre équipe. Pour y faire ce que je n’ai pas pu dans mon club.

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