Hayatou, gestion made in Africa

Le président de la Confédération africaine de football, Issa Hayatou s’est porté officiellement candidat pour prendre la tête de la plus prestigieuse instance footballistique au monde : la Fédération internationale de football (FIFA). Une candidature qui le mettra face à face contre un autre grand nom du football mondial, le président actuel de la FIFA Joseph Blatter. Le surnommé « prince » de la balle ronde africaine aura la tâche difficile, mais dispose de fortes chances, et un soutien international appréciable. Cela fait pas moins de 14 ans que Hayatou est au sommet du football africain en sa qualité de président de la CAF.
Une période où ce sport a connu un développement inouï, caractérisé, notamment, par la montée en puissance des équipes africaines. Sorties de leurs ghettos, ces dernières sont passées, en terme de représentativité à la coupe du monde, de 2 à 3 puis à 5 équipes. Il est l’acteur «politique » de cette mutation. Un seul outil, qui le différencie par rapport aux autres dirigeants : son franc-parler. Issa Hayatou semble être né le 9 août 1946 pour les postes de responsabilité. Il est issu d’une famille royale du nord et le cadet d’une famille de 5 enfants, actuellement tous des hauts commis de l’Etat. Pratiquant ((800 m et courses de haies) avec des qualités sans faille de gestionnaire, il ne tarde pas à devenir directeur du ministère de la Jeunesse et des Sports. Après des études universitaires et un diplôme de professeur d’éducation physique, il devient secrétaire général de la fédération camerounaise (FECAFOOT).
Les Lions Indomptables doivent une partie de leurs succès à la gestion de ce meneur d’hommes et aux adaptations qu’il apporte au football de son pays. C’est sous sa direction que le Cameroun obtient ses meilleurs résultats en Coupe du monde, atteignant les quarts de finale en 1990, après avoir remporté la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 1988 à Casablanca. Une année où Hayatou est élu président de la CAF, siégeant d’office à la FIFA. Il se heurte d’entrée de jeu à l’inamovible président brésilien Joao Havelange. L’ennemi juré de l’impérialisme se voit rapidement abandonner ses idéaux radicaux et adopter un discours plus souple sans pour autant tomber dans la complaisance. Le résultat en a été la reconnaissance du football africain.
Marié et père de trois enfants, Hayatou apprend au fil des ans, à contourner l’intransigeance du patron de la FIFA, et se frayer un chemin dans la cour des grands. Le football africain lui doit une fière chandelle puisque c’est à lui qu’on doit l’assainissement aussi bien des finances que des structures de ce sport dans le continent. La CAN devient, sous son « règne », une date incontournable du calendrier international. Pour la première fois en 1994, il fait alliance avec la puissante Union européenne de football (UEFA), son principal allié. L’objectif est de réussir à décrocher l’organisation de la Coupe du monde par un pays africain. Chose déjà acquise pour 2010. En faisant acte de candidature contre le président sortant, le Suisse Joseph Blatter, il prend position pour qu’un Africain soit enfin à la tête du sport le plus populaire de la planète. L’Afrique, serait-elle l’exemple à suivre en matière de gestion du football ? Pourquoi pas.

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