Hilali : «Nous manquons d’argent, pas de talents»

Hilali : «Nous manquons d’argent, pas de talents»

ALM : Quel est le parcours des taekwondoistes marocains qualifiés aux Jeux Olympiques d’Athènes ?
Driss Hilali : Plusieurs compétitions ont été organisées tout au long de cette année pour la désignation des éléments qui prendront par au tournoi olympique de taekwondo. La plus importante s’est déroulée en décembre dernier en France. Sur les 1020 taekwondoistes engagés, seuls 26 ont pu décrocher leur billet qualificatif. L’équipe nationale y a évidemment pris part mais la concurrence était très grande et aucun Marocain n’a réussi à se qualifier lors de ce tournoi. En février 2004, se sont déroulés les championnats d’Afrique en Egypte. C’était l’occasion pour les Marocains de se distinguer et de montrer de quoi ils sont capables. 130 athlètes ont pris à cette manifestation qui a connu la consécration des trois Marocains champions d’Afrique. Il s’agit de Mouna Benabderrassoule (-60 kg), Mounia Rguig (+ 67 kg) et Abdelkader Zerrouri (+ 80 kg). Un classement qui leur a ouvert les portes des J.O. Ils feront donc partie des 16 taekwondoistes africains qui prendront part au tournoi olympique.
Estimez-vous cette participation suffisante?
Chaque pays a le droit d’aligner quatre taekwondoistes maximum. Le Maroc en présentera trois. J’estime que c’est un effectif qui reflète le niveau de la discipline dans notre pays. Vous savez, quelque 19.050 taekwondoistes sont affiliés à la Fédération royale marocaine de taekwondo. C’est un chiffre officiel puisqu’il ne s’agit que de licenciés affiliés à l’instance fédérale. Les pratiquants de cette discipline sont estimés à plus de 60.000, puisque plusieurs associations et clubs ne déclarent pas leurs affiliés pour ne pas payer les cotisations. C’est donc un sport en plein essor et la participation des Marocains aux J.O. ne pourrait que le confirmer.
Comment se déroulent les préparatifs des trois éléments de l’équipe nationale ?
Très bien. Une fois la liste des éléments qui partiront à Athènes connue, un programme de préparation a été mis en place par la direction technique nationale. Il est essentiellement axé sur leur participation aux différents tournois internationaux qui se sont déroulés ces derniers mois. De ces manifestation ont profité même les éléments de l’équipe nationale qui ne sont pas qualifiés aux Jeux Olympiques. En parallèle, les deux filles continuent de s’entraîner au Maroc alors que Zerrari se prépare en Belgique où il réside. En plus, deux stages ont été organisés en Blegique et en France. C’est d’ailleurs dans ce sens que j’ai personnellement tenu au recrutement d’un cadre technique coréen, d’un très grand niveau, pour entraîner l’équipe nationale. M. Kim est double fois champion du monde dans la catégorie des pus de 80 kg, celle d’ailleurs d’Abdelkader Zerrari, ce qui ne manquera pas de lui être d’une grande utilité. Le contrat de ce coach avec l’instance fédérale est d’une durée de trois mois, renouvelable par la suite.
Les ressources financières dont dispose la fédération étaient-elles suffisantes ?
La réponse à cette question n’est un secret pour personne. La fédération n’a reçu de la part du Comité national olympique marocain et du ministère de tutelle que la somme de 400.000 dirhams allouée justement pour la préparation des athlètes aux Jeux Olympiques.
Cette préparation nous a coûté la bagatelle de 1.600.000 dirhams. Le budget réservé à la fédération par le département ministériel est de l’ordre de 900.000 dirhams par an. Vous voyez bien que le compte est loin d’être bon. La différence provient du propre budget de la fédération, c’est-à-dire de la cotisation et des licences allouées.
Quel est l’objectif de la participation marocaine au tournoi olympique ?
Les trois éléments n’auront qu’un seul objectif, celui de représenter le mieux possible les couleurs nationales. Il est clair que la concurrence sera très rude, mais les éléments marocains ont l’habitude des plus prestigieuses compétitions. En tout, ils feront tout leur possible pour dépasser le stade du premier combat, là où leurs prédécesseurs des Jeux de Sydney ont échoué.

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