Hooliganisme : Le football argentin s’embourbe dans la violence

Dimanche, une impressionnante bagarre a éclaté peu avant le match River-Arsenal (1-0), entre supporters de River Plate, faisant 5 blessés dont un grave. Il y a deux semaines déjà, le football argentin avait été frappé par un week-end tragique après la mort d’un supporteur de Velez Sarsfield, tué d’une balle de revolver alors qu’il se rendait au stade avec ses camarades dans un bus spécialement affrété. Le lendemain, une bagarre entre supporters du club de Boca Juniors a fait un blessé grave à l’arme blanche. Ces épisodes ne sont pas isolés dans l’histoire du championnat argentin. Depuis 1939, 223 personnes ont été tuées lors d’incidents liés au football selon l’ONG argentine «Sauvons le football».
Malgré différentes solutions avancées, les autorités n’ont toujours pas réussi à enrayer cette violence, comme cela a été le cas par exemple en Angleterre. L’AFA (la Fédération argentine de football) avait bien interdit en 2006 l’entrée des stades aux visiteurs, mais cette fois elle n’a envisagé ni cette solution, ni une suspension du championnat qui, selon son président Julio Grondona, «signifierait le triomphe des violents». Les autorités ont jusqu’à présent cherché à séparer football et faits divers. «C’est un fait criminel qui n’a rien à voir avec le football» , a ainsi déclaré le ministre de la Justice, Anibal Fernandez, à propos de la mort du supporteur de Velez, alors que l’AFA, dans un communiqué, s’en remettait à la justice pénale. Plusieurs solutions ont pourtant été proposées. Le projet le plus important est celui du député radical (opposition) Martin Hourest qui a soumis au Parlement une série de lois dans un plan intitulé «Football en paix».
L’une des mesures phares propose la création d’un registre public de personnes interdites de stade et une législation au niveau national pour assurer la sécurité dans les stades, comme cela est le cas dans la majorité des grands championnats. Mais le projet n’a même pas été débattu. «Ils n’en ont rien à faire», a déclaré la cofondatrice et présidente de l’ONG «Sauvons le football», Monica Nizzardo. «Il n’y a aucune volonté politique pour résoudre ce problème», a-t-elle ajouté. En plus des problèmes classiques de violence entre supporters de différents clubs, le football argentin se heurte au problème central et épineux des «barrabravas», groupes organisés au sein des supporters des équipes argentines.

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