HUSA : Un leader en faillite ?

Aujourd’hui Le Maroc : Quel bilan faites-vous de la saison 2002-2003 ? Abdellah Aboulkacem : Nous avons atteint l’objectif que nous nous sommes fixé avant le début de la saison actuelle, c’est-à-dire le titre de champion du Maroc pour la seconde fois consécutive. Mais à travers le sacre de dimanche, le Hassania a atteint trois autres objectifs, aussi importants que le premier. Primo, notre équipe a confirmé son bon parcours de la saison dernière et a fait taire les mauvaises langues qui imputaient notre succès à un pur hasard. Secondo, en remportant le championnat pour la seconde année consécutive, le HUSA a incontestablement assuré une place parmi l’élite du football national. Nous sommes devenus une équipe avec qui il faut désormais compter, à l’instar du Raja, du Wydad et du MAS entre autres. Tertio, cette victoire a permis à tous les observateurs de sentir l’amour que porte le public à ce club, parce que force est de constater que le public du Hassania est l’un des plus merveilleux au Maroc, à l’image de celui des grands clubs casablancais. Mais le Hassania a tout de même connu plusieurs difficultés tout au long de la saison. Je dirais même plus. Le club a été au bord de la faillite. La crise financière était très grave, surtout en début de saison. Et pour cause, notre sponsor Afriquia qui accordait au club 1.500.000 dirhams, a retiré son aide à la fin de la saison écoulée. Le président Lahsen Bijguiden a d’ailleurs démissionné de son poste pour protester contre cette situation pour le moins inhabituelle pour un champion en titre. Une fois les premières journées passées, les autorités d’Agadir se sont mobilisées pour venir en aide au Hassania. La municipalité de la ville qui normalement accordait au club 27.000 dirhams par an a augmenté cette subvention pour atteindre 1.500.000 dirhams. Somme que nous avons touchée dans le courant du mois de mai dernier. Et je peux vous assurer que sans cette subvention, le club n’aurait pu terminer la saison comme nous l’avons fait. A ceci s’ajoute bien sûr le calvaire qu’a enduré le club lors de parcours en Ligue africaine des Champions. Le Hassania est également en lice de cette compétition l’année prochaine, qu’avez-vous prévu pour palier le manque des moyens financiers ? En tant que champion du Maroc, le Hassania prendra part à la Champion’s League africaine et essaiera de défendre au mieux les couleurs nationales. Sauf que l’expérience de cette année nous a laissé de mauvais souvenirs. Notre fédération se doit de prendre en charge les clubs en lice pour les coupes continentales, comme le font plusieurs de ses homologues africaines. L’aide de la FRMF se limite à fournir aux équipes 25 billets d’avion, et ce sur les lignes couvertes par la RAM. Les clubs ont en charge leurs frais d’hébergement et ceux de leur adversaire si le match se joue à domicile. La CAF a également beaucoup de chemin à parcourir dans ce sens. Pourquoi ne prendrait-elle pas exemple sur la Champion’s League arabe dont la nouvelle formule prévoit des primes même pour les équipes qui n’ont pu dépasser le stade du premier tour ? Qu’en est-il des rumeurs de plus en plus pressantes sur un imminent départ de M’hamed Fakhir ? J’ai lu ce lundi avec étonnement une information parue dans la presse selon laquelle M’hamed Fakhir serait sur le point de signer avec l’équipe des FAR. Je tiens à ce sujet à préciser que le contrat de ce cadre technique expire à la fin de cette saison. Je ne peux me prononcer quant à son renouvellement puisque c’est du ressort du nouveau bureau dirigeant qui sera élu fin juillet lors de la prochaine assemblée générale. Tout ce que je peux vous dire est le bureau ne s’est jamais interféré dans le travail de M. Fakhir. Vous savez, le Hassania ne congédie pas ses entraîneurs. Nous n’avons pas fait cela avec Abdelhadi Skitioui auparavant et nous ne le ferons pas avec M’hamed Fakhir. Quels projets avez-vous pour la saison à venir ? J’estime personnellement que le grand but a été atteint. Nous avons réussi à faire du Hassania un grand club marocain avec qui il faut désormais compter. Les autorités politiques, économiques et sociales en sont d’ailleurs conscientes. Mais je peux vous assurer que la reprise sera très dure pour toutes les équipes du championnat.

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