Il était une fois «Chtouki»

Mohamed Anouar, dit «Chtouki» n’est plus. Décédé vendredi dernier, l’ex-gloire, avant terme, du football marocain a été enterré le même jour au cimetière des Chohadas à Casablanca. Ils étaient tous là pour jeter un dernier regard sur la dépouille du défunt : sa famille du Wydad, représentée par Nasserddine Doublali, et des ex-joueurs du calibre de Shaïta, Saber, Bakili…, ses amis d’hier et de toujours, dont Abdellah Settati Mustapha Ould Bahria… Sans oublier la FRMF qui était représentée par Mohamed Bensghir.
Ce jour-là, ils étaient nombreux à lui rendre un dernier hommage. Lui qui a inscrit son nom en lettres d’or dans les annales du football national. Ceux qui l’ont côtoyé de près ou de loin se comptent sur le bout des doigts. Leurs témoignages aussi. «Avec la mort de Chtouki, on a perdu un joueur d’une denrée rare», déclare Kacem Kacemi, ami intime du défunt. Pour Abdellah Settati, l’hommage rendu à Chtouki est certes louable, mais il reste, quelque part, tardif.
«Ce n’est qu’après la mort de nos champions et de nos vedettes que l’on parle d’eux. Ce n’est un secret pour personnes. Le défunt est mort en étranger. Il s’est toujours senti ignoré, relégué au bas-fond des oubliettes, après de longues années de bons et loyaux services ». Même ceux qui ne sont pas de sa génération partagent la même émotion et le même avis.
L’ex-président de son club adoptif du Wydad de Casablanca, Abderazzak Mekouar, en est un. « C’était l’une des plus grandes stars qu’a connues l’histoire du football national». Artiste, exemple de joueurs discipliné, unique en son genre par son jeu et sa bonne conduite et son amour pour le maillot national…autant de témoignages qui en disent long sur une personne qu’on a perdue à jamais non seulement comme un gros calibre du football national, mais aussi comme un homme de valeurs. Des qualités qui sont en voie de disparition et qui faisaient la fierté de tout un sportif marocain. Chtouki était né pour être un footballeur. Toute sa vie, il s’est consacré au ballon rond. Mohamed Anouar était un joueur de milieu de terrain. Ses plus belles années remontent à la période du protectorat et le début de l’indépendance.
Au WAC, il formait aux côtés de Driss et Abdesslam le trio de choc des Rouge et Blanc, que le colonisateur surnommé « Le onze tarbouch». Un club avec lequel il a remporté la coupe de l’Afrique du Nord contre les Algériens d’Itihad Belabbas. Son talent a dépassé les frontières puisqu’il a porté les couleurs du club de Nice et celles de l’équipe olympique de France. Après quoi, plusieurs équipes ont voulu s’attacher ses services. Dans son entourage, on évoque les deux clubs madrilènes du Real et de l’Athletico.
De retour au bercail, après une expérience professionnelle, il a été l’un des artisans de la fondation de l’équipe des FAR en 1958. «Chtouki » était un joueur qui se dédiait au foot et au spectacle. «Mon père est mort la tête haute. Il a beaucoup donné au sport national sans jamais chercher à recevoir une contre partie », tient à souligner son fils, Noureddine. À l’époque, il n’y avait pas de stars faites par les médias. Ce qui est regrettable, aujourd’hui, c’est que des générations, comme nous, ne connaissent de Chttouki que son nom et les rares témoignages de ses coéquipiers et de ses amis. Jusqu’à quand ?

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