Immortel Haj Lokhmiri

Immortel Haj Lokhmiri

Il a toujours su entraîner des équipes de qualité, car il était en quelque sorte une référence. Né en 1920 à Casablanca, celui que l’on surnommera plus tard en France le bombardier ne savait pas qu’il vouerait sa vie entière au football national. Hadj Lokhmiri est devenu un fou du football depuis ses premières frappes de balle dans les terrains vagues de l’ancienne médina à Casablanca. C’était avant la deuxième guerre mondiale. Sa puissance de tir et son grand gabarit ont attiré l’attention des dirigeants de la Régie des tabacs du temps du protectorat. Il y effectua ses premiers pas dans un club structuré puis il allait intégrer le grand WAC de l’époque avant d’être recruté par le Red star. En 1950 Lokhmiri regagna son pays après avoir passé plus de cinq ans en France en tant que footballeur professionnel. Plusieurs clubs ont eu la chance de l’avoir parmi leurs effectifs. Son point fort était la puissance de frappe, ses tirs étaient foudroyants comme le confirme une des nombreuses anecdotes qui a marqué son parcours très riche en réalisations. Une fois au stade Philipe (actuellement complexe Larbi Ben M’barek) à Casablanca, raconte un vieux routier de la ville de Mohammedia, Lokhmiri s’accapara du ballon au milieu de terrain pour le frapper du pied gauche. Le tir était tellement puissant qu’en heurtant la barre transversale, il fit vibrer les buts adverses au point où le gardien de but prit ses jambes à son coup et s’éloigna du « danger » faisant éclater de rire tous les gradins du stade. Le parcours de Haj Lokhmiri en tant qu’entraîneur était encore plus riche et plus fructueux. Il suffit de savoir qu’il est jusqu’à nos jours et même à titre posthume, l’entraîneur national le plus titré aussi bien en championnat qu’en coupe du Trône. Mais c’est au Chabab de Mohammedia que son nom sera lié en raison de l’équipe exemplaire qu’il dirigeait pendant des années 70. Celles qui comptaient les grands comme Faras, Acila, Haddadi, Raâd, Abdelilah et les autres. D’un autre côté, en tant qu’homme et citoyen, il n’avait jamais raté une occasion pour prouver sa fierté d’être Marocain. Lors de l’époque du protectorat, il tenait à se présenter aux matchs avec des habits traditionnels alors que ses congénères de l’époque s’habillaient à l’européenne. « Il terminait toujours ses prières par (Allah Yanssor Sidna) » se souvient sa fille Assaida. Que ce soit du temps de Feu Mohamed V ou de son successeur Feu Hassan II, la formule était toujours la même. D’ailleurs, il avait des liens particuliers avec Feu Hassan II. Il l’avait rencontré par hasard aux alentours de Mohammedia, Lokhmiri descendit de sa bicyclette pour aller saluer le Souverain qui, connaissant son humour, l’interpella «Alors Si Abdelkader comment se porte l’équipe du Chabab ?» Ce à quoi Lokhmiri répondit «Que voulez-vous que je dise votre Majesté, je me demande comment vous faites avec une population de vingt millions alors que seulement onze individus me rendent le sommeil difficile ». Le salon de sa maison est orné de photos en compagnie des membres de la famille Royale. Une fierté pour Essaida Lokhmiri. D’autant plus que cette dernière se déclarée émue de la bienveillance de SM le Roi Mohamed VI qui n’a jamais fermé ses portes devant elle. Elle est également reconnaissante envers le général Hosni Benslimane qui considérait Haj Lokhmiri comme un père. Cinq ans après son départ, Haj Lokhmiri est toujours vivant dans les coeurs de ceux qui ont eu la chance de le connaître et son nom demeurera à jamais lié au football Marocain.

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