Infrastructures : Privés de leurs stades, des clubs font face à la faillite

Le coup d’envoi de la 52ème édition du championnat du Maroc a débuté avec un mois de retard. Une exception qui s’explique par les travaux de rénovation générale des infrastructures sportives.
Depuis la saison écoulée, ces travaux de construction et de réaménagement des stades municipaux se prolongent, entraînant d’innombrables problèmes que doivent gérer les équipes. Des promesses ont été faites pour qu’à la fin du mois d’octobre, les clubs s’installent « chez eux », mais leurs dirigeants sont sceptiques, à présent, et se préparent à la riposte. Ils ne veulent pas subir le même sort que l’AS. Salé qui a «voyagé» de stade en stade avant de perdre sa place du GNFE. Et ils n’acceptent plus que leur formation évoluent dans des infrastructures exiguës réduisant sensiblement les recettes. Le stade de l’Association sportive de Salé a été rasé parce qu’il se situait sur le terrain du grand projet du Bouregreg. Le club de Salé a été privé de son stade et contraint de vivre un calvaire. Lors de la saison dernière, selon Abderrahman Choukri, président de l’AS de Salé, le club se déplaçait de ville en ville pour rencontrer les équipes du GNFE1. L’AS a joué à Sidi Kacem, à Kénitra et à Khémisset.
«Lors de chaque rencontre, on avait des dépenses de plus. Il nous arrive de devoir dépenser parfois plus de 20.000DH, car on loue le stade à 10.000 DH, pour chaque rencontre. Mais le plus désolant, c’est que nous étions privés de nos supporters, nous étions privés de leur encouragement et de leur soutien. Notre public ne savait même pas où l’on allait jouer. Les recettes du club disparues, le stade rasé et l’équipe privée de ses supporters, tous ces facteurs ont eu un impact des plus négatifs sur le rendement de nos joueurs. C’est ce qui a contribué à notre relégation au GNFE2», estime Abderrahman Choukri. Selon ce dernier, les préparatifs du club de l’ASS se font actuellement au sein du stade de l’école de formation des mécaniciens. Les responsables du projet du Bourgreg ont annoncé l’ouverture du nouveau stade municipal fin octobre. Le Raja et le WAC ont, aussi, énormément souffert de la fermeture du complexe Mohammed V. «Le Raja a perdu plus de 80 % de ses recettes, en plus de l’augmentation de ses dépenses de plus de 40%, lors de la dernière saison. Les terrains étaient petits, ils ne pouvaient pas regrouper tous les supporters rajaouis. Et en plus de cela, nos supporters n’étaient pas tous disposés à se déplacer avec le club à chaque rencontre. Ils ne se déplaçaient qu’en petits groupes pour nous encourager et nous soutenir», souligne Abdellah Ghallam, président du club du Raja. Et d’ajouter: «Jusqu’à maintenant, rien n’est officiel, on ne nous a pas informé de la date de l’ouverture du complexe Mohammed V. Il sera sûrement question d’une réunion avec nos amis du Wydad pour essayer de contacter les autorités afin de savoir quand est prévue l’ouverture. On ne pourra certainement plus continuer à jouer au football, si la situation se détériore un peu plus. Il nous faut toujours un soutien financier si on veut continuer», déclare M. Ghallam. L’année dernière et à l’initiative du Conseil de la commune urbaine de Casablanca, le complexe sportif Mohammed V a fait l’objet d’une série de travaux de réhabilitation. Un projet qui pèse lourd puisque l’enveloppe budgétaire avoisine 10 millions de DH.
Les travaux ont porté, entre autres, sur la mise à niveau de la pelouse du stade, le revêtement de la piste d’athlétisme et la rénovation du bloc sanitaire et des vestiaires. Les travaux continuent durant cette nouvelle saison, mais aucune information sur la date de leur achèvement. Les Rajaouis et les Wydadis devront toujours attendre.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *