Invitée surprise aux quarts de finale

Invitée surprise aux quarts de finale

Et l’incroyable s’est produit ! L’équipe nationale de Grèce s’est qualifiée samedi soir, contre toute attente, pour les quarts de finale de l’Euro-2012, faisant souffler une bouffée d’air frais dans un pays rongé par une terrible crise économique. Les chiffres qui font mal, comme ce taux de chômage de 21,9%, sera mis entre parenthèses le temps d’une soirée où d’autres chiffres vont faire les titres: une victoire 1-0 samedi contre les Russes, les grands favoris du groupe A, éliminés, et une 2e place du groupe, qui les envoient en quarts contre le vainqueur du groupe B (Allemagne, Pays-Bas, Portugal, Danemark). Le gardien grec du PAOK Kostas Chalkias, blessé et qui n’était pas sur le terrain samedi soir, sait ce que cet Euro représente pour son pays qui vit des heures noires. «Nous nous donnerons à 100% pour amener du bonheur aux Grecs qui sont venus nous soutenir et ceux restés à la maison», avait-il annoncé au début du tournoi. Touchés de plein fouet par les problèmes financiers, les fans grecs n’étaient que 4.000 à Varsovie pour assister à l’incroyable qualification samedi soir contre 20.000 Russes. Ce passage inespéré aux quarts de finale de la compétition va redonner un peu de réconfort au pays où les fans de foot qui assistent au déclin des clubs grecs, eux aussi gangrenés par la crise. Huit équipes de l’élite (Panathinaïkos, AEK Athènes, PAOK Salonique, Panionios, Corfou, Aris, OFI et Giannena) connaissent des problèmes financiers susceptibles de les empêcher de disputer le championnat la saison prochaine. Plusieurs d’entre eux doivent des arriérés de salaires à leurs joueurs. Si la Fédération grecque n’envisage pas de rétrograder ces clubs, ils ne pourront pas recruter ou prolonger des joueurs, sauf ceux âgés de moins de 21 ans, sans avoir amélioré l’état de leurs finances. Cette situation a évidemment des répercussions sur les internationaux grecs, dans leur vie, mais pas sur le terrain samedi soir. «Ce n’est pas la situation idéale pour certains joueurs, dont l’avenir est incertain. Il y a beaucoup de problèmes dans le football et dans le pays, nous vivons tous avec. Mais quand il s’agit de se battre pour l’équipe nationale, il n’y a plus de place au doute», avait assuré à l’AFP le capitaine grec Giorgios Karagounis, buteur devant la Russie. Lui et ses guerriers ont tenu parole afin de donner une parcelle de joie à «(leurs) compatriotes pendant le tournoi, pour les aider à oublier au moins un temps leurs problèmes quotidiens». L’équipe nationale de Grèce reste dans la zone Euro du football. L’équipe héllène s’était qualifiée sans coup férir pour l’Euro-2012, finissant invaincue, en tête d’un groupe qui contenait, quand même, la Croatie (qui elle s’est qualifiée via les barrages), avec 7 victoires et 3 nuls en 10 matches. Evidemment, cette qualification pour les quarts refait penser à l’Euro-2004. En 2004, la bande d’Angelos Charisteas entraînée par le rusé Otto Rehhagel avait battu deux fois le Portugal de Cristiano Ronaldo et Luis Figo, en match d’ouverture (2-1) et en finale (1-0).

 

Philippe Grillard (AFP)

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