J.O: La polygamie courante dans l’Utah

Cela fait plus d’un siècle que la polygamie est interdite dans l’Utah. Mais selon Rowenna Erickson, ex-seconde épouse dans une famille polygame, c’est une pratique toujours courante et devant laquelle les autorités affichent une indifférence totale. A 62 ans, cette femme, qui a fondé avec Vicky Prunty en 1998 l’association «Tapestry contre la polygamie », à Salt Lake City (Utah), où se dérouleront les jeux olympiques d’hiver à partir de vendredi, veut lever ce qu’elle considère comme étant un tabou pour inciter les autorités à sévir. « La polygamie est encore très courante dans l’Utah. Des mariages ont lieu tous les jours. ce sont des sociétés très secrètes », dénonce-t-elle. Ces déclarations ont révélé au grand jour le phénomène assez unique aux Etats-Unis. La polygamie. Officiellement interdite depuis 1896, l’Eglise des mormons, dont le siège mondial se trouve à Salt Lake City, excommunie ses membres qui la pratiquent publiquement.
Plus qu’une pratique, il s’agit d’une partie de l’héritage culturel et religieux des mormons. Deux de ses fondateurs, Joseph Smith et Brigham Young, l’encourageaient vivement. En outre, nombre de mormons aujourd’hui, qui forment 70% de la population de l’Utah, ont parmi leurs aïeux des adeptes de la polygamie. Persécutés pour leur appartenance religieuse, les mormons se sont installés majoritairement dans cet Etat en 1847, après avoir fui la côte est des Etats-Unis. Leur influence est toujours omniprésente. S’il n’existe aucune statistique officielle sur le nombre de familles polygames ou « plurielles» comme on les appelle ici, l’association de Rowenna Erickson estime leur nombre entre 30.000 à 50.000 dans l’Utah, et à 100.000 sur tout le territoire des Etats-Unis, habitant essentiellement l’ouest du pays. « Il s’agit d’une croyance fondamentale de la religion mormone », poursuit Rowenna Erickson, ce qui explique pourquoi, explique-t-elle, cette pratique n’est pas plus condamnée.
Très médiatisé en août dernier, le procès de Tom Green, premier mormon en 50 ans à être jugé pour polygamie et condamné à 5 ans de prison, ainsi que la tenue des jeux d’hiver, ont toutefois exposé cette pratique aux yeux du monde entier. Un quotidien local, le Salt Lake City Tribune, avertissait d’ailleurs dimanche, dans un article en première page, les habitants pour qu’ils se tiennent prêts à faire face à une médiatisation à outrance de « clichés », qui voudraient notamment que la ville hôte des jeux serait aussi « la capitale mondiale de la polygamie».
Soucieuses de rectifier l’image de l’Utah avant l’entame des jeux, les autorités locales ont de leur côté admis l’existence de telles pratiques, mais se montrent promptes à les minimiser. « Cela fait presque 50 ans que je vis ici et je pense n’avoir rencontré que deux ou trois familles polygames dans ma vie. Ce n’est tout simplement pas quelque chose qui domine la vie des gens ici », indiquait récemment à la presse le maire démocrate de la ville, Rocky Anderson..
Rowenna Rrickson, ne partage pas cette idée. Elle dit avoir été, pendant 34 ans la seconde épouse dans une famille polygame. Sa soeur aînée, en revanche, « pratique toujours la polygamie ».

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