JO-2012 – Ramadan: Un quart de jeûneurs potentiels à Londres

JO-2012 – Ramadan: Un quart de jeûneurs potentiels à Londres

Les jeux Olympiques de Londres se dérouleront pendant le mois du Ramadan, une coïncidence de dates aux effets délétères, que ce soit sur le plan politique, sanitaire ou logistique pour les quelque 25% d’athlètes potentiellement concernés.

Les protestations de nombreux pays musulmans à l’époque de l’élection de Londres n’ont rien changé. Ni le comité d’organisation des Jeux (Locog), ni le CIO, en vertu de ses règles de laïcité, n’ont considéré un instant la possibilité de décaler les dates des compétitions auxquelles devraient participer entre 2.500 et 3.000 athlètes musulmans, jeûneurs potentiels.

« Les Jeux sont apolitiques, areligieux », répète l’Ivoirien Lassana Palenfo, chargé par le CIO, dont il est membre, d’aplanir les difficultés avec les comités nationaux olympiques les plus inflexibles en matière de respect des traditions. « Si l’on cède, les bouddhistes, les juifs demanderont des aménagements », reprend-il, en rappelant l’interdiction dominicale que s’était fixée le triple sauteur Jonathan Edwards. « Une affaire personnelle », dit-il.

Les bons offices de M. Palenfo n’ont rien changé. L’Egypte, le Maroc, la Turquie et plus généralement la Commission islamique des droits de l’homme ont fustigé chacun leur tour l’irrespect dont feraient preuve les institutions olympiques.

Pour l’occasion, aucune fatwa spéciale ne sera édictée par une quelconque autorité. La règle usuelle selon laquelle est dispensée de jeûne toute personne en voyage ou soumise à une activité physique particulière, s’appliquera aux sélectionnés olympiques. Avec l’obligation traditionnelle de rattraper le mois de jeûne plus tard.

Cellules d’aide

===============

A Londres, où la période de jeûne durera plus de douze heures, le Locog a au moins joué le jeu en matière logistique. Sur chaque site de compétition seront apportés des aliments pour que les athlètes puissent rompre le jeûne dès la tombée du jour et les restaurants du village olympique fonctionneront toute la nuit.

La plupart des Comités nationaux olympiques concernés ont établi des cellules d’aide et de conseil.

L’importance de l’enjeu sportif devrait toutefois dissuader de nombreux pratiquants. Le judoka français Sofiane Milous par exemple, qui respectait le Ramadan lors des derniers Mondiaux, en août dernier à Paris, a décidé de ne pas observer le jeûne aux Jeux, « mais de rattraper (ses) jours après. »

« Personne ne m’a incité. C’est une affaire entre Dieu et moi », dit-il.

Pourtant, entraîneurs, médecins ou officiels ne ménagent parfois pas leur peine pour tenter de dissuader les athlètes de jeûner. Le recteur de la Mosquée de Paris a ainsi été sollicité, en vain, pour expliquer aux candidats au Ramadan olympique qu’ils ne seraient pas de mauvais musulmans en cas d’impasse.

« En France, on nous dit souvent +Dites leur que ce n’est pas bon pour leur santé et leurs performances+ », regrette Hakim Chalabi, ex-médecin du PSG et désormais directeur de la clinique Aspetar au Qatar.

A l’inverse, le Dr Chalabi, comme la plupart de ses confrères, tente de limiter les risques en donnant tous les conseils nécessaires en matière d’alimentation, d’hydratation et de sommeil pour jeûner dans les meilleures conditions et éviter la recrudescence de blessures observée chez les sportifs pratiquants.

« Sachant que, curieusement, il y a des sportifs qui ont de meilleurs résultats pendant le Ramadan parce que le jeûne est désiré. Ce peut être une aide spirituelle et psychologique », explique M. Chalabi

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *