Karen Ghebbari: «Sans le soutien financier, nos rêves ne seront qu’utopie»

Karen Ghebbari: «Sans le soutien financier, nos rêves ne seront qu’utopie»

Âgée d’à peine 15 ans, Karen Ghebbari, patineuse artistique, est déjà championne du Maroc et championne de France. Son rêve : représenter avec ses trois sœurs le Maroc dans les compétitions internationales. Celle qui dompte la glace par de gracieuses acrobaties nous livre ses ambitions, ses motivations mais également ses craintes.

ALM : Pourquoi avez-vous choisi le patinage sur glace ?

Karen Ghebbari : J’ai choisi le patinage parce que j’aime le contact avec la glace et cette sensation de glisse. Lorsque j’ai su patiner, j’ai très vite voulu me perfectionner, faire des sauts et des figures. Les compétitions que je voyais sur la télé ont également alimenté ma passion

Quels sont les prix que vous avez récoltés ?

Les principaux prix que j’ai glanés sont au nombre de trois et j’en suis particulièrement fière. J’ai pu en 2012 décrocher le titre de championne de France alors que je n’avais que 12 ans. J’ai également été désigné championne de Ligue Rhône-Alpes en 2014 et championne du Maroc 2015.

Ces différents prix vous donnent-ils un sentiment de confiance ou exercent-ils de la pression ?

Ces prix me donnent de la confiance mais aussi l’envie d’en avoir d’autres. L’amour que j’ai envers ce sport me rend en constante recherche de perfection et d’illustration.

Malgré le titre décroché de championne de France, vous avez décidé de représenter les couleurs du Maroc. Qu’est-ce qui a motivé votre choix ?

Il s’agit d’un choix naturel. Je suis fière d’être marocaine et jamais je ne nierai mes origines. Toute l’éducation que notre père nous a inculquée était basée sur l’amour de la patrie même si on n’y vit pas. Je suis donc prête à me sacrifier pour mon pays et honorer les couleurs nationales.   
Et aussi c’est le sport le plus regardé au monde et notre pays n’y était pas représenté.

Quelles sont vos ambitions pour le futur ?

Le patinage sur glace est l’une des disciplines les plus suivies au monde. Je me fixe comme objectif d’en faire une carrière, participer à un maximum de compétitions internationales, décrocher une médaille aux jeux Olympiques et devenir la championne du monde.

Comment avez-vous accueilli l’annonce de l’intégration du patinage au sein de la FRMSM ?

L’intégration du patinage au sein de la FRMSM est une très bonne chose. Cette annonce vient récompenser les efforts que nous avons menés depuis deux ans pour que ce sport soit reconnu au Maroc et passe sous l’égide de la fédération. Malheureusement, faute de soutien, je ne pourrai pas participer à toutes les compétitions cette année, notamment les jeux Olympiques de la jeunesse et le Championnat du monde au mois de mars.

Avez-vous toujours la même crainte même après l’adoption du patinage par la fédération ?

Nous étions présents le jour de l’annonce de cette bonne nouvelle et tout porte à croire que les choses vont dans le bon sens et que la fédération sera à notre côté pour hisser le drapeau du Maroc toujours plus haut. Sans le soutien financier, nos rêves ne seront au final qu’utopie.

Quels seront vos prochains défis ?

Le Maroc est le seul pays au monde à avoir quatre sœurs patineuses dans le circuit international. Nous comptons profiter de cette donne et donner au Maroc d’autres distinctions à travers les médailles et les prix. Pour cela, le soutien de la fédération tout comme celui du ministère de la jeunesse et des sports est de mise. Je n’oublierais pas de remercier également la Fondation Hassan II qui m’a aidée lors d’une compétition.

 

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