Khalid Khannouchi, l’imbattable

Décidément, rien ne semble arrêter Khalid El Khanouchi. En réalisant, dimanche au marathon de Londres, un temps de deux heures, cinq minutes et 38 secondes, l’Américain d’origine marocaine a établi un nouveau record du monde du marathon masculin. Khannouchi a ainsi amélioré de quatre secondes sa meilleure performance mondiale sur la distance (2h05 :42. le 24/10/99 à Chicago).
C’était au terme d’une course acharnée, menée à un rythme d’enfer par un peloton de pas moins de 15 coureurs à mi-parcours, puis un trio de tête de classe mondiale. « C’était très dur. Tout le monde doit beaucoup travailler pour gagner, et grâce à Dieu, j’ai eu assez de force pour gagner. J’étais probablement plus fort, et mentalement j’étais plus dur que les autres, mais nous avons tous fait une très bonne course. Avant la course, j’avais dit que si la météo était bonne, et qu’il y avait assez de concurrence, j’aurais une chance de battre mon record.
Tout a été parfait », a déclaré le désormais maître incontestable de la distance. Il s’agit du premier marathon international auquel participe également le grand Haile Gebreselassie, double champion olympique et quadruple champion du monde du 10.000 m.
«Gebre» a beau s’accrocher et rester dans la course tout au long de cette distance, mais il a fini par lâcher prise dans les derniers kilomètres. Khannouchi s’est alors détaché, prenant sa vitesse de croisière qui le mènera à bon port, suivi de près par le Kenyan Paul Tergat, deux fois vice-champion olympique du 10.000 m, en 1996 et 2000, derrière Gebreselassie. Abonné aux deuxièmes places, Tergat a terminé à 10 secondes de Khannouchi, mais avec la satisfaction suprême d’avoir, pour une fois, devancé Gebreselassie. Ce dernier a, quant à lui, été talonné par un marocain, cette fois-ci, Abdelkader Mouâaziz.
Né à Meknès en décembre 71, Khanouchi a été naturalisé américain le 2 mai 2000. Entre temps, il a été sacré Champion du Maroc juniors sur 3 000 m, 5 000 m, 10 000 m et en cross. La carrière internationale n’a pas tardé à suivre puisque, très jeune, il remporte le championnat du monde universitaire du 5 000 m. C’était en 1993 à Buffalo (New York). L’Oncle Sam semble l’accueillir d’ores et déjà à bras ouvert puisque, quatre ans plus tard, il est l’heureux vainqueur du marathon de Chicago en 2 heures 07 min 10 sec.
Il s’agit de la meilleure performance mondiale de l’année et meilleure performance d’un débutant. Un sacre suivi d’un autre, il marque en 1999 la meilleure performance mondiale en 2 heures 05 min 42 sec, le 24 octobre, toujours à Chicago, à l’occasion de son troisième marathon. Blessé, il ne prendra pas part aux jeux Olympiques de Sydney 2000. Mais il réussit à remporter, la même année, sa 3e victoire à Chicago en 2 heures 07 min 01 sec, signant au passage le record des Etats-Unis. L’année d’après, il est obligé d’abandonner dans le marathon des Championnats du monde d’Edmonton (Canada). Le temps de reprendre son souffle et enregistrer, encore une fois, la meilleure performance mondiale à Londres. Un parcours de battant et une victoire des plus méritée.

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