Klinsmann, le bon élève

Klinsmann, le bon élève

Arrivé à la tête de la sélection sans aucune expérience d’entraîneur, Jurgen Klinsmann a réussi à reconstruire une équipe d’Allemagne offensive et solide pour le Mondial-2006 de football, en puisant dans ses connaissances de joueurs et en s’entourant d’une équipe professionnelle et soudée.
«Je crois que mon assistant, ou plutôt mon partenaire comme  sélectionneur-assistant Joachim Low, couvre mon manque d’expérience, explique Klinsmann, qui garde à 41 ans un look d’éternel étudiant. Il a cette expérience et j’apprends encore aujourd’hui avec lui».
Les deux hommes se sont rencontrés lors d’un stage d’entraîneur en 2000. L’ancien attaquant international (108 sélections) et l’entraîneur alors sans emploi sont convaincus que pour gagner, il faut aller vite et être fort physiquement.
Low, qui a officié à Stuttgart, en Autriche (FC Tirol, Austria Vienne) et Turquie (Fenerbahçe, Adanaspor), est à 46 ans également féru de tactique et adepte des manuels de motivation.
«J’ai travaillé avec 16 ou 18 entraîneurs de très haut niveau pendant ma carrière autour du monde, raconte Klinsmann. J’ai beaucoup appris de chacun. Je savais que si on réunissait la bonne équipe d’encadrement, et si on avait le bon mélange, on pouvait faire quelque chose de spécial».  Avec Klinsmann, qui s’entoure de personnes de confiance (Oliver Bierhoff, Andreas Kopke), l’Allemagne sort de son schéma axé sur une défense de fer pour  se porter vers l’attaque. Qu’importe les buts encaissés, «l’important est d’en  marquer un de plus que l’adversaire», dit-il.
«On a tenté de développer depuis deux ans une philosophie du jeu qui s’accorde avec le football allemand, explique le sélectionneur. Pour être au niveau des meilleures nations, nous devons jouer un football très rapide, nous devons être en très bonne condition physique et nous devons beaucoup apprendre».
Malgré les critiques plus ou moins ouvertes sur une préparation physique à l’américaine, le résultat est là. Depuis le début du tournoi, l’Allemagne marque tôt dans le match (Lahm à la 6e contre le Costa Rica, Klose à la 4e contre l’Equateur, Podolski à la 4e contre la Suède), ou asphyxie ses adversaires par sa résistance physique. La Pologne a cru tenir le point du nul, avant de s’incliner dans les dernières secondes du match sur une ultime accélération.
Les anciens entraîneurs de Klinsmann, qui saluent aujourd’hui ses résultats, rappellent que le joueur était déjà difficile à manier. «Il ne se laisse pas détourner de sa philosophie, par rien ni personne, c’est fort», affirme Berti Vogts, sélectionneur en 1994 et 1998, qui a recommandé Klinsmann à la DFB. Pour l’Italien Giovanni Trappatoni, son ancien entraîneur à l’Inter Milan  et au Bayern Munich, «Klinsmann a toujours su ce qu’il voulait. C’est quelqu’un qui doit être convaincu. Quand on réussit ça, il remercie avec des performances encore meilleures».

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