La chasse au dopage

A quelques centaines de mètres du stade El Menzah de Tunis se trouve le Centre national de la médecine du sport. Une bâtisse moderne avec une façade en verre et un grand hall où la verdure est omniprésente. En y accédant, on se croirait dans une bibliothèque, tant le lieu est silencieux.
Il y règne en effet une atmosphère de quiétude et c’est probablement l’unique espace de cette Coupe d’Afrique des nations à échapper au brouhaha des joueurs, journalistes et spectateurs qui inondent stades, hôtels, centres de presse et boulevards et avenues des cinq villes accueillant l’événement footbalistique de la planète. Non, pas d’infirmières en blouses dans les couloirs de ce centre médical. Pas de patients souffrant nécessitant l’intervention urgente de médecins. Les seuls patients de cette institution médicale sont des sportifs de haut niveau, qui y viennent pour établir leur bilan de santé, ou effectuer différents tests.
C’est que le centre, qui a été inauguré à l’occasion des Jeux méditerranées qu’a abrités la Tunisie en septembre 2003, est équipé des derniers équipements en matière de médecine du sport, allant des grandes salles d’observation munies d’appareils ultra-sophistiqués pour le suivi médical des différentes blessures, à une piscine spécialement dotée de matériel de rééducation, an passant par les différents appareils cardio-vasculaires. «Tout y a été pensé pour le bien-être du sportif», estime Dr Zakia Bartagi qui en est la directrice. Il y a deux ans donc, le Centre national de médecine du sport a couvert les besoins de tous les sportifs engagés dans la compétition méditerranéenne. Actuellement, il est la plaque tournante de la lutte anti-dopage pour la 24ème Coupe d’Afrique des nations. C’est que le nombre de laboratoires accrédités par la Fédération internationale de football (FIFA) pour effectuer ces contrôles n’est pas très élevé. « En Afrique, ils sont uniquement deux instances médicales à répondre aux normes de la FIFA. Le premier se trouve en Afrique du Sud et le second bien évidemment en Tunisie », précise la directrice du centre qui a par ailleurs supervisé tous les tests effectués à l’occasion des rencontres qui ont eu lieu à Tunis jusqu’à présent. Au total, quelque 112 footballeurs ont été contrôlés depuis le 24 janvier dernier. A l’occasion de chaque match, quatre joueurs des deux équipes sont tirés au sort par le responsable médical du match et qui relève de la Confédération africaine de football (CAF). Les échantillons sont par la suite acheminés vers la capitale Tunis et analysés par le laboratoire. Les résultats ne sont connus que 48h après et sont directement adressés au secrétariat général de l’instance footbalistique africaine. « Nous ne nous chargeons que du côté purement médical de ces contrôles. Le reste est géré par la CAF », tient à préciser Dr Zakia Bartagi qui n’a pas voulu piper mot concernant les résultats des différents contrôles. «Comme nous sommes tenus par la confidentialité des tests, nous ne pouvons divulguer leurs résultats.
C’est une tâche qui est du ressort de la Confédération africaine», ajoute-t-elle. Jusqu’à présent, aucun contrôle ne s’est révélé positif, même si plusieurs rumeurs circulent à ce sujet. Le dernier joueur qui est en la victime n’est autre que le défenseur de l’équipe nationale Abdeslam Ouaddou qui, selon la presse algérienne, aurait été contrôlé positif à une substance dopante à la suite de la rencontre des quarts de finale. La rumeur circulait au milieu des journalistes algériens lundi matin alors que le Marocain n’a été contrôlé que dimanche soir. Ces mêmes représentants des médias algériens sont même allés jusqu’à accuser quelques membres de leur équipe nationale de dopage, ce qui expliquerait, selon eux, le quart de finale atteint par une jeune formation inexpérimentée. Le démenti de leur fédération a été publié en début de semaine.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *