La dernière ligne droite

C’est dans une émission télévisée, en janvier 2001, que le Président de la Chambre des représentants, Abdelouahed Radi, a lâché le mot en annonçant que le Parlement marocain n’a fait que produire des notables.
En effet, au vu du niveau des débats, de la présence de 41% de députés n’ayant jamais dépassé l’enseignement secondaire, et devant un taux de nomadisme politique ayant frisé des records sur le plan international, il y a lieu de désigner du doigt les institutions élues et tout le processus de la production de l’élite parlementaire, aussi bien en amont qu’en aval.
Scientifiquement et par expérience, l’on sait que les résultats des actions humaines sont souvent tributaires de leur genèse et déterminés par les circonstances qui ont entouré leur création.
Au Maroc, depuis les élections communales de 1976 et législatives de 1977, le verdict a souvent été falsifié et façonné sur mesure du bon vouloir de certaines zones de l’ombre.
Certes, échéance électorale après l’autre, la situation s’améliore, mais toujours est-il que des maux majeurs sont restés collés aux campagnes votatives, comme c’est le cas pour la corruption des électeurs. En dépit de la neutralité des autorités locales et centrales au cours des dernières années, ce fléau n’a pas cessé d’exister. A cela s’ajoute la défection massive des citoyens vis-à-vis de l’action politique.
En septembre 2001, à l’occasion d’élections législatives partielles touchant six circonscriptions électorales, dont cinq à Casablanca, la ville la plus peuplée du Royaume et, probablement, la plus politisée, le taux de participation des citoyens aux opérations de vote, n’a pas dépassé les 10% . Selon des sources fiables, il n’a pas dépassé le seuil de 6%; et ce, sachant que ces élections se déroulent sous le mandat du gouvernement d’alternance.
A l’issue de cet événement, l’ex-ministre de l’Intérieur, Ahmed Midaoui, n’a pas manqué de souligner le recours de bon nombre de candidats à la corruption des citoyens et la transgression des dispositions de la loi en vigueur.
Pour toutes ces raisons, donc, et pour d’autres se rapportant aux promesses tenues par le gouvernement de l’alternance, il est devenu impératif de procéder à une révision en profondeur des modalités et mécanismes de gestion du champ politique actuel.
Dans cet ordre, l’on a vu naître plusieurs initiatives allant dans le sens de la recomposition du champ précité, soit par le regroupement, comme c’est le cas pour l’alliance socialiste, l’annonce du bloc démocratique et du Parti socialiste unifié, soit par la scission et l’éclatement, comme c’est le cas pour le Congrès national Ittihadi et l’Union démocratique, soit , enfin par la création de nouvelles formations politiques libérales ( Forces citoyennes, Alliances des libertés, Parti marocain libéral ). Mais tout ce remue ménage reste incomplet sans une détermination des pouvoirs publics à assainir l’action politique et redresser ses modes de gestion. Pour l’instant, le Parlement semble s’acheminer vers un changement du mode de scrutin, l’adoption d’une nouvelle organique régissant aussi bien la vie partisane que l’enceinte parlementaire. Dans le même ordre, il y a lieu de s’attendre à un nouveau découpage électoral.
Autant de projets et de chantiers inscrits en tête de listes des préoccupations de l’Etat et qui focalisent l’attention de l’opinion publique nationale et internationale.

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