La diabolisation politicienne

Aujourd’hui le Maroc : Depuis sa construction, l’ex-stade Philip a fait couler beaucoup d’encre. On a évoqué des défauts techniques, voire des malversations financières, pourquoi l’initiateur du projet que vous êtes, n’aviez-vous pas répondu à ces accusations ?
Ahmed Laski : Il faut que je précise de prime abord que tout au long de cette campagne de dénigrement ordonnée et orchestrée par certains esprits malveillants, personne n’a parlé de malversations financières. Parce que d’abord il n’y en pas eues et ensuite il faudrait que les auteurs de ces allégations disposent de preuves matérielles irréfutables pour oser l’affirmer. Mais à ma connaissance aussi bien la presse que ceux qui se sont prononcés sur ce sujet ont plutôt évoqué des défauts techniques lesquels sont récusés par des certifications de bureaux de contrôle réputés et reconnus. Pour revenir à votre question, j’estime que je n’avais pas le droit de répondre puisque je n’étais plus responsable de la commune qui a réalisé le projet.
D’autant plus que je n’avais plus les documents nécessaires pour pouvoir étayer mon argumentation dans le cas où celle-ci aurait été indispensable. Ce qui ne fut pas le cas. Il se trouve, malheureusement, que mon successeur à la tête de la commune, en l’occurrence Nassreddine Doublali, est devenu l’accusateur en chef et le «diabolisateur» de cette réalisation. C’est lui qui a fermé le stade et condamné les gradins de l’étage supérieur en arguant une hypothétique dangerosité pour la sécurité des spectateurs. Pourtant il était le mieux placé pour savoir que ces gradins n’ont été construits qu’après le visa de la société Veritas dont tout le monde connaît la réputation et le sérieux en matière de contrôle des structures. Il est quand même curieux que Doublali ait claironné partout que le terrain est dangereux tout en y faisant jouer son équipe Majd Al Madina. Non seulement cette attitude est mue par une manoeuvre politicienne, mais elle est pour le mois que l’on puisse dire cynique.
Mais quelle est la part de vérité dans tout ce qui a été dit sur une pelouse non réglementaire et sur la dangerosité des gradins?
Pour savoir si un terrain répond aux normes internationales, il faut d’abord connaître les exigences de la FIFA pour pouvoir les comparer avec la surface du terrain.
Or ce travail a été fait par une commission de la ligue de la Chaouia qui a validé des normes en concluant que le stade Larbi Ben Barek est valable pour abriter les matches de championnat toutes catégories confondues. Quant à la sécurité des gradins nous avions projeté de les protéger par des gardes-corps (barrières) afin de mettre fin à toute cette campagne de dénigrement. Mais quand nous avions présenté le problème au cabinet Veritas, ses ingénieurs ont considéré et consigné par écrit qu’ils ne voyaient pas l’utilité de ces gardes corps sur le plan de la sécurité des personnes. Bien plus lors de sa visite au Maroc en 2000, le président de la FIFA, Joseph Blatter, a inspecté ce stade. Il ne l’a pas seulement trouvé conforme, mais il a estimé que c’est le stade au Maroc qui répond le mieux aux normes de la FIFA. À savoir qu’il est construit en bonbonnière qui permet aux spectateurs d’être le plus proche possible de la pelouse et des joueurs.
Quel est le coût réel du stade Larbi Ben Barek sachant que de ce côté là, on a aussi beaucoup spéculé sur le chiffre réel?
D’après le décompte de la commune, le coût réel de ce stade s’élève à 10,7 milliards de nos centimes dont 10,4 ont été honorés. Il restait une somme de 3 millions dirhams que l’ex-president de la commune, Nassreddine Doublali, a refusé de payer aux entreprises chargées de réaliser quelques travaux de finition du stade. D’ailleurs Doublali a privé la commune de recettes substantielles en maintenant fermé le parking de 500 places et coupant l’eau et l’électricité aux magasins en location.
Une commission de la cour des comptes a enquêté pendant plus d’une année sur les comptes afférents à ce stade ? quelle est la raison de ce contrôle ?
La loi donne à la cour des comptes toute la latitude de contrôler et de vérifier les dépenses publiques dans n’importe quel organisme étatique . Et puis les mauvaises langues se sont tellement déliées en accablant ce projet, qu’il est devenu normal que la cour des comptes se penche sur ce dossier pour vérifier la véracité de ces allégations. Cette commission a procédé à des investigations et à des vérifications et a auditionné différents intervenants dont Doublali et moi-même. Elle devrait établir ses conclusions incessamment et à ma connaissance, il n’a constaté aucune malversation comme l’avaient prétendu des personnes malveillantes.

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