La faillite de l’équipe d’Angleterre face aux succès de ses clubs

La faillite de l’équipe d’Angleterre face aux succès de ses clubs

L’Angleterre, berceau du football, fait de nouveau face au fiasco de son équipe nationale incapable de se qualifier pour l’Euro 2008 alors que les «mercenaires» étrangers ont porté à un niveau sans égal la qualité du jeu de son championnat. Le sélectionneur Steve McClaren a été limogé pour faire place à un Italien de renom, Fabio Capello, renforçant l’idée que seuls des étrangers sont aptes à faire briller aux couleurs de la croix de Saint-George, un sport qui a acquis outre-Manche une puissance économique sans équivalent en Europe. Aux déboires successifs que l’équipe d’Angleterre «une seule fois en finale d’un tournoi international, en 1966» s’oppose le brio de son championnat dominé par les meilleurs entraîneurs et joueurs étrangers. Quand la nouvelle formule de la Premier League a été lancée en 1992, trois joueurs sur quatre étaient anglais. Ils ne sont plus qu’un sur trois. Seulement un tiers des buts marqués cette saison ont été le fait de joueurs anglais. Aucun international anglais ne joue actuellement dans un grand club du continent. Lors de la première phase de la Ligue des champions cette année une petite dizaine de joueurs étaient anglais au sein des 32 équipes, contre 50 Brésiliens, 30 Français, 30 Italiens ou 30 Espagnols. Sur le banc de touche, il n’y a que huit entraîneurs britanniques pour 20 équipes de la première division. Même les centres de formation regorgent désormais d’une centaine de jeunes achetés à l’étranger pour certains avant même l’âge de 14 ans. Alors pourquoi la nation qui a inventé le football n’en a jamais été une grande puissance ? Arsène Wenger, le Français à la tête du club londonien d’Arsenal, est toujours le premier visé dans le débat souvent vif sur la domination étrangère du football en Angleterre. La puissance financière du football anglais et la domination des grands clubs est sans doute une piste plus solide, les meilleurs joueurs au monde (332 jouent en Premier league) sont attirés par des salaires extravagants, le coût des transferts à l’intersaison s’est élevé à 500 millions d’euros, les droits de télévisions ont rapporté 1,32 milliard d’euros. Le salaire du nouveau sélectionneur de l’équipe d’Angleterre va se situer à près de 10 millions d’euros par an. Les propriétaires des clubs sont désormais russe, américain, thaï, israélien. Dans ce contexte, la mise en valeur rapide des superstars est prioritaire sur la formation de jeunes talents, plus aléatoire et au rendement plus lent.

• Pierre Lesourd (Afp)

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