La FFF veut une sanction plus lourde pour Fabien Barthez (D’après Le Monde)

La FFF demande un alourdissement de la sanction, en vertu des règlements. "Le bureau du Conseil fédéral de la Fédération française de football a pris connaissance de la décision de la Commission centrale de discipline du jeudi 21 avril 2005, sanctionnant Fabien Barthez de six mois de suspension dont trois mois avec sursis", indique la FFF dans un communiqué.
"Il a constaté le décalage entre cette décision et les dispositions du chapitre 1.5 du barème des sanctions figurant en annexe 2 des Règlements Généraux, qui prévoit, en cas de ‘bousculade volontaire – tentative de coup(s) – crachat(s) à l’encontre d’un officiel’, une sanction de ‘six mois de suspension ferme incompressible et susceptible d’être aggravée’ – selon l’appréciation des faits – d’une peine pouvant être assortie de sursis." Un règlement qui ne correspond pas à la peine infligée à l’ancien champion du monde et d’Europe.

Outre la FFF, des personnalités du sport, des arbitres et des associations ont contesté la décision prise vendredi matin. Dès le début de l’après-midi, Jean-François Lamour, donnait le ton : "Ces trois mois ferme sont en réalité simplement cinq matches (quatre de championnat et un amical avec les Bleus).
Je ne sais pas si cette clémence est adaptée à la réalité de ce qui se passe tous les jours sur tous les terrains (…) Le symbole, qu’on le veuille ou non, est fort." Le président du Conseil national de l’éthique (CNE) Dominique Rocheteau estimait lui : "C’est un peu léger. Il ne faudrait pas que cela fasse jurisprudence". Le président de l’Union nationale des arbitres de football (UNAF), Bernard Saules, a jugé la sanction "grotesque", "alors que nous sommes dans une époque où nous affirmons vouloir lutter contre la violence". "C’est se moquer du monde. Je suis très en colère", s’est-il exclamé. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) estimait que les juges de Barthez avaient "légitimé les comportements de voyous" alors qu’au Maroc, on se montrait plus diplomate, en soulignant la "clémence" de la décision.

RETRAITE ANTICIPÉE ?

Les trois mois de suspension ferme permettaient à Barthez d’être de retour sur les terrains pour le début de la saison prochaine avec l’OM et pour les grosses échéances que sont les matches qualificatifs pour la Ccoupe du monde 2006 de l’équipe de France, contre les Iles Féroé, le 3 septembre, l’Irlande, le 7, la Suisse le 8 octobre et Chypre le 12. Un sanction plus lourde priverait les Bleus de leur gardien lors de ses matches décisifs, la France ne s’étant guère montrée brillante lors des premières rencontres, avec quatre matches nuls – dont trois à domicile – pour seulement deux victoires.

Elle pourait aussi précipiter Fabien Barthez vers une retraite anticipée. Il avait en effet laissé entendre le mois dernier qu’il quitterait le football en 2006 par désillusion. "J’ai 33 ans. Il ne me reste pas beaucoup de saisons à vivre et ces 13 années au plus haut niveau ont passé très vite. L’échéance, c’est 2006. J’aime le football de moins en moins. C’est de plus en plus pourri. Je n’ai pas d’exemple précis à donner. Parfois, il vaut mieux la fermer."

Le match OM-Wydad avait dégénéré après l’expulsion de Frédéric Déhu. Fabien Barthez, qui avait été remplacé plus tôt dans la rencontre, avait quitté le banc et pris à partie l’arbitre marocain Abdellah El Achiri, qui l’a accusé depuis de lui avoir craché dessus et de l’avoir insulté. Après l’annonce de sa sanction vendredi matin, il ne s’était pas exprimé à chaud mais avait ensuite parlé au micro de France Info, exprimant son désir d’aller jusqu’à la Coupe du monde, en 2006, en Allemagne.

"Je vais continuer à travailler comme je le fais depuis l’âge de 18 ans, je vais préparer ma saison prochaine pour répondre présent avec l’OM et pour être prêt avec l’équipe nationale, parce que mon but c’est d’aller faire cette Coupe du monde et je veux que la France soit à cette Coupe du monde", a-t-il dit. "J’ai vécu un drôle de moment parce que je ne suis pas tellement habitué à ce genre de situation. On s’est tous retrouvés autour d’une table, j’ai dit ce que je ressentais, le vécu du match, ce que j’ai vécu ces derniers mois. J’ai parlé avec mon coeur.
Je savais qu’il allait y avoir une sanction.C’est une sanction qui est ferme, qui est définitive."

LE MONDE

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *