La France en apothéose

«Ce grand chelem est l’un des moments les plus forts de ma carrière », a dit l’arrière Nicolas Brusque. Et le troisième ligne Olivier Magne d’ajouter : « C’est toujours agréable de finir en apothéose». On ne peut mieux dire pour qualifier la victoire de l’équipe de France de rugby sur l’Irlande lors de la cinquième et dernière journée du Tournoi des six nations. Décroché samedi dernier au stade de France, il s’agit de la première équipe à réaliser ce Grand Chelem depuis l’élargissement de la compétition à un sixième pays, l’Italie. C’est aussi la 7e fois de son histoire que le XV de France remporte ce titre. Invaincus depuis le 30 juin 2001, les Français en sont à un huitième succès consécutif, égalant le record national établi entre février et novembre 1998.
Pendant 80 minutes, les Bleus de l’ovale ont vécu ce que leur entraîneur Bernard Laporte lui-même a décrit comme « une apothéose». «Les joueurs ont fait quelque chose de grand pour le rugby français », a-t-il déclaré. Dominateurs dans tous les domaines, et notamment en mêlée fermée, les Français, qui restaient sur deux défaites consécutives face aux Irlandais, menaient largement à la mi-temps (28-5), grâce, notamment, à la botte de Merceron, auteur de 13 points au cours des quarante premières minutes.
Entre temps, seul le talonneur Keith Wood est parvenu à franchir la défense française. Les Irlandais, avec des velléités offensives littéralement paralysées, se sont contentés de subir la déferlante française. Le score de 44-5 en dit long. Des mots et cris de joie n’en finissaient pas de retentir, animant un stade de France qui ne l’a pas été depuis longtemps. Même les remplacements ont eu droit à leur part de bonheur en entrant en jeu au cours des quarante dernières minutes. Au passage, les Français ont établi un nouvel écart-record face à l’Irlande (+39 contre +35 en 1996).
Durant toute la semaine de préparation qui a précédé le tournoi, Laporte avait célébré la volonté de travail et de progrès de ses joueurs. Il l’a refait samedi en soulignant que « cette équipe veut grossir, veut progresser » et il a parlé de «la conquête » et de « la capacité à jouer des séquences de jeu longues». Il a aussi rappelé que l’équipe venait de loin et n’était née qu’il y a neuf mois depuis la tournée en Afrique du Sud.
Le XV de France partira en tournée dans l’hémisphère sud en fin de saison, et affrontera l’Argentine le 15 juin à Buenos Aires, puis l’Australie, deux fois championne du monde, le 22 juin à Melbourne et le 29 juin à Sydney. Avec sagesse et un brin de philosophie, Laporte garde la tête froide et insiste sur les prochains rendez-vous de sa formation. « C’est le match de demain qui est le plus important et pas celui d’hier », conclue-t-il.

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