La France veut muscler ses infrastructures

La France veut muscler ses infrastructures

Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes, a remis lundi à François Fillon le rapport de la commission «Grands stades – Euro 2016», qu’il dirige depuis février. Le rapport souligne que la France n’est pas en situation d’accueillir de grandes compétitions internationales, faute de stades modernes, et que de simples mesures de replâtrage ne suffiront pas. «Si nous voulons que le football français et les autres sports collectifs progressent au niveau international, et si nous souhaitons que les joueurs français, à qui nos centres de formation ont donné les moyens de jouer dans les plus grands clubs en Europe, restent en France, alors il faut des stades modernes», a concédé le Premier ministre.
L’Allemagne abrite plus de quinze stades de 40.000 places au moins, l’Italie douze, l’Angleterre dix, l’Espagne neuf et la France cinq, dont le Stade de France, le Parc des Princes, le Vélodrome de Marseille et le stade Gerland à Lyon. Le secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte, souhaite que la France dispose en 2014 d’au moins dix grandes enceintes sportives modernes. «Une véritable rupture est nécessaire avec les mécanismes qui prévalent aujourd’hui et qui font la part belle au financement public», a estimé Philippe Séguin, plaidant pour le recours à l’investissement privé ou des investissements mixtes public-privé. «Tant que les clubs professionnels n’auront pas la maîtrise de leur stade (…) ils resteront des nains économiques», a-t-il observé, avec à l’esprit l’Emirates Stadium d’Arsenal, à Londres, ou l’Arena Stadium du Bayern, à Munich. «La crise est là. Il nous est paru vain d’escompter une aide significative de l’Etat et un engagement massif des collectivités locales. Où le trouver ailleurs que dans l’investissement privé ?», a-t-il lancé.
Le rapport préconise à cette fin la sécurisation juridique des projets de grands stades par la reconnaissance d’intérêt général de ces équipements. «Il faut ouvrir le dialogue avec la Commission européenne pour faire reconnaître les grandes infrastructures de spectacle sportif comme services économiques d’intérêt général d’initiative privée», a dit François Fillon.

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