La FRMF en déséquilibre

La FRMF en déséquilibre

Le nouveau trésorier de la FRMF, Larbi Loufir, n’a pas eu le temps de connaître les chiffres et voilà que les soucis financiers commencent déjà. À l’origine, les 1,2 million de DH que devait coûter le stage de concentration proposé par l’entraîneur national, Badou Zaki, en Afrique du Sud, avant la rencontre face au Botswana. Beaucoup, semble dire la FRMF. Pourtant, ledit programme a été approuvé par la FRMF. Même sort pour Mustapha Madih, sélectionneur de l’équipe nationale olympique, qui a vu son programme annulé. Faute de budget, les deux cadres nationaux ont été contraints de revoir leur copie. Chose qui laisse poser la question : la FRMF traverse-t-elle une crise financière ? Loufir tranche d’emblée : «Il ne s’agit pas d’une crise financière, mais d’une gestion rationnelle des finances de la FRMF », a expliqué le nouveau trésorier de la FRMF, en poste depuis quelques semaines. Et d’ajouter, «Certes, il y a des difficultés, mais elles ne sont que passagères ».
Allusion faite aux arriérés de la FRMF : prime de la dernière CAN 2004, qui dépasse 1 million de DH, fournisseurs et primes de qualification pour les JO d’Athènes d’environ 1 million de DH. «Ce ne sont que des arriérés qui vont être réglés dans les prochains jours qui viennent», a tenu à préciser ce dernier. Comment, alors que la trésorerie de la FRMF n’a que 3 millions DH dans ses caisses ? « Nous avons contacté nos sponsors. Et avec l’un d’eux, nous sommes parvenus à un accord qui consiste à faire avancer l’échéance. Tout va être réglé dans le courant de la semaine prochaine. C’est une question de décalage. C’est tout», a tenu à rassurer Loufir. L’on se demande comment a-t-on pu en arriver là, au moment où les éliminatoires du Mondial et de la CAN 2006 ne font que commencer.
Selon un ex-membre de la FRMF, le problème est ailleurs. Les caisses de la fédération ont toujours fonctionné selon des recettes en projet et des dépenses sûres. Résultat : un déséquilibre financier était inévitable. Vieille habitude, la gestion personnelle des comptes de la FRMF a montré ses limites. «Les dépenses sont plus importantes que les ressources. Il faudra trouver des ressources stables pour établir un équilibre financier. Et cela on ne peut le faire qu’avec une gestion institutionnelle et professionnelle des finances de la FRMF. Il faut sortir de cette gestion personnelle car les personnes passent et les institutions restent», a expliqué la même source. Pourtant, les sponsors ne manquent pas. «La Banque du Maroc, à elle seule, en tant que parrain, débloque chaque année près de 10 millions de DH. À laquelle il faut ajouter les sponsors institutionnels : Maroc Telecom, Coca-Cola, Nike …», a fait remarquer notre source. La brillante prestation de l’équipe nationale en Tunisie a rapporté gros à la FRMF. La récupération de l’exploit et de l’image des «champions du coeur» par les sponsors, et qui s’est faite dans un cadre qui n’était pas institutionnel, ont drainé des sommes importantes : 750.000 DH versés par Coca-Cola, 80.000 dollars versés par le sponsor américain Nike, loin des 500.000 dollars versés par le même équipementier à la Fédération royale marocaine d’athlétisme, en plus des 20 millions de DH attribués chaque année par Maroc-Telecom. Sans oublier 0,5 million de DH du tournoi de «l’amitié» de Qatar, dont 180. 000 dollars non encore justifiés par Mohamed El Gartili, ex-assesseur au sein de la FRMF, et ex-président de la délégation marocaine qui a fait le voyage avec l’équipe olympique à Qatar. En revanche, la participation des « Lions de l’Atlas» à la CAN 2004 n’a pas rapporté grand chose aux caisses de la FRMF. Au contraire, les dépenses, lors de la CAN, sont estimées à 120 000 euros, soit 1,3 million DH (billets, hébergement…).
Deux mois après l’annonce de son plan de relance du football national, dans la perspective du professionnalisme, la Fédération royale marocaine de football est toujours déficitaire de 30 millions de DH.
L’heure est venue de dynamiser la commission marketing, mettre en place une vision plus claire, partir à la conquête des sponsors et, surtout, savoir les retenir, et trouver une grosse boîte pour commercialiser le produit marocain, tels sont, désormais, les nouveaux chantiers de la FRMF.

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