La FRMF osera-t-elle braver la décision de la FIFA ?

La FRMF osera-t-elle braver la décision de la FIFA ?

A refaire ! Et plus précisément : à refaire parce que la pénalité a été tirée avant le sifflet de l’arbitre. En invalidant vendredi dernier les élections qui ont conduit au renouvellement du comité exécutif de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), la toute puissante FIFA (Fédération internationale de football association) a peut-être conduit la guerre des chefs pour la présidence de l’organisation nationale  à jouer les prolongations.

Elle a en tout cas mis les instances sportives nationales dans une situation aussi inédite qu’embarrassante. Depuis vendredi, la fédération marocaine a, en effet, deux têtes : une première présidence et un comité qui tiennent leur légitimité des urnes et, en vis-à-vis, un staff dirigeant que les règlements intérieurs de la FIFA considèrent comme toujours en exercice. De telle sorte que la question est : que va faire la FRMF? Deux solutions a priori : braver la décision de la FIFA au risque d’en être banni ou, au contraire, laisser sa susceptibilité au vestiaire et rappeler Ali Fassi Fihri à la barre.

L’affaire est corsée, en fait elle est si compliquée que sous prétexte de réserve, le ministère de tutelle a déclaré ne pas vouloir s’immiscer. Une attitude que certains commentateurs disent comprendre. Au plus fort de la campagne pour la présidence qui a opposé Abdelilah Akram à Fouzi Lekjaa, le ministre de la jeunesse et des sports s’est farouchement attaché à une stricte neutralité, voire à se tenir le plus éloigné possible de l’affaire et à le faire savoir.

Difficile dans ce cas de lui tenir rigueur de ne pas s’impliquer. Sauf à considérer qu’en tant que ministre de tutelle, il aurait dû attirer l’attention de la FRMF sur les risques qu’elle encourt en marchant hors des clous. Car les arguments présentés par le conseil d’urgence de la FIFA- qui a pris la décision d’invalidation le 15 novembre – soit 5 jours seulement après le renouvellement du comité exécutif de la fédération nationale – interpellent. Selon des sources proches de l’organisation mondiale, celle-ci aurait demandé à la FRMF d’adopter des statuts en conformité avec le règlement type de l’organisation comme préalable à l’organisation de nouvelles élections qu’elle aurait souhaité voir se dérouler au cours du premier semestre de 2014. La conséquence du non-respect de cette injonction est que «Ali Fassi Fihri, qui ne s’était pas représenté après un seul mandat, demeure donc jusqu’aux prochaines élections le président de la FRMF».

Mais plus bavards sont les soubassements de l’invalidation. Selon un média marocain qui dit rapporter les propos du porte-parole de la FIFA, ce dernier lui aurait fait part de l’étonnement de son organisation. «La FIFA a été surprise de voir se tenir l’assemblée générale de la FRMF dimanche, alors qu’auparavant, nous avions échangé des lettres avec la Fédération pour que l’assemblée soit reportée». Et d’expliquer qu’il s’agit «de prendre le temps de mettre à jour les statuts de la FRMF et de laisser passer les compétitions de la Coupe du monde des clubs».

Mais alors qu’on eut été en droit de croire à une responsabilité collective, tel n’est visiblement pas l’avis du ministre qui aurait conclu à la mise en cause du seul président sortant. Une consolation pourtant : la FIFA aurait assuré que la «décision du Comité d’urgence n’aurait aucune conséquence sur l’organisation» du Mondial des clubs qui sera disputé au Maroc du 11 au 21 décembre 2013. Une date qui réjouit autant qu’elle inquiète car elle rappelle que les défis qui jalonnent le futur proche du football marocain – la CAN notamment-  ne s’accommodent pas de la période d’incertitude dans laquelle il s’est mis.

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