La guerre du Sambo

Le torchon brûle entre la Fédération royale marocaine de lutte (FRML) et la Fédération Royale Marocaine de Tai-Jitsu et Sambo (FRMTS). Mohamed Ibnou Zahir, président de la FRML, a déterré la hache de guerre. Et le président de la FRMTS, Mohamed Dalil Skalli, se dit prêt pour la bataille. Un récent communiqué de l’instance fédérale chargée de la lutte a fait état de création d’un comité national de sambo sous recommandation de la Fédération internationale de lutte. «L’instance nous a exigé de réintégrer le sambo au sein de notre fédération. Nous avons tout un programme qu’on se doit de respecter», explique Mohamed Ibnou Zahir.
En procédant de la sorte, les dirigeants de la lutte sont en train de violer la loi, estime pour sa part Mohamed Dalil Skalli qui juge cet acte «insensé» et «irresponsable». «J’ai été étonné par ce communiqué. Je trouve insensé et irresponsable de vouloir s’accaparer un sport dirigé par une fédération qui a une délégation de pouvoir. C’est une atteinte à la législation en vigueur», ajoute M. Dalil Skalli.
Avant 2003, il n’y avait qu’une seule fédération regroupant les deux disciplines : la lutte et le sambo. Les tensions et conflits internes ont provoqué l’éclatement de l’instance et la création de deux entités différentes. Pour Mohamed Saiboub, membre de la FRMTS et président du comité national des entraîneurs de sambo, les dirigeants de la FRML violent l’article 17 de la loi relative à l’éducation physique et aux sports et qui exige aux fédérations de respecter leurs statuts. De ce fait, affirme M. Saiboub, la fédération de lutte tombe automatiquement dans l’article 22 qui prévoit qu’en cas de «violations graves par la fédération de ses statuts (…), l’administration peut dissoudre l’organe directeur fédéral et prendre toutes les mesures utiles dans l’intérêt de la discipline sportive concernée…».
La FRMTS, reconnue par l’administration comme étant le représentant national du sambo, compte saisir directement le Premier ministre ainsi que le Comité national olympique du Maroc (CNOM) pour trancher dans cette affaire.  «Nous allons défendre l’intérêt de notre fédération, de nos clubs, de nos athlètes et de notre sport par tous les moyens légaux», lance M. Dalil Skalli qui n’écarte pas un éventuel recours à la justice, ce qui pourrait être une première dans l’histoire du sport marocain.
Reconnaissant le cadre légal de la FRMTS, Mohamed Ibnou Zahir estime que c’est à l’administration marocaine de se plier aux exigences des instances internationales et non l’inverse.
D’après lui, Mohamed Dalil Skalli, vice-président de la fédération internationale de sambo amateur, n’a aucune légitimité au niveau mondial. «Il a été décidé par la Fédération mère lors d’une assemblée générale de réintégrer le sambo au sein des instances nationales de lutte», déclare Mohamed Ibnou Zahir. Il enfonce le clou : «Je suis un des membres fondateurs de la fédération internationale de lutte et de sambo. Et c’est moi qui avais introduit M.Skalli. Lorsqu’il a créé sa fédération en emportant avec lui le sambo, je n’ai rien dit. Maintenant, la décision ne dépend pas de moi».   Cependant, un membre de la FRMTS juge que le raisonnement de M. Ibnou Zahir pourrait conduire vers l’anarchie.
 

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